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L’Améthyste (ツ)

~ 250 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

*

 

Cette nuit-là ne sera pas de tout repos pour Joakim et Trisha. En effet , le couple a clairement quelques ébats en retard à rattraper et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’ils effectuent leur ô combien délicieuse besogne, avant de s’endormir l’un contre l’autre et enlacés comme ils ne s’étaient encore jamais étreints.

Quelques heures plus tard, au petit matin et après cette nuit plutôt agitée qui aurait pu faire crier à l’aide les ressorts du matelas de la rouquine, c’est toujours lovés l’un contre l’autre qu’ils s’éveillent doucement, entre deux taquineries et baisers. Quelle nuit magique…

Ils sont véritablement heureux, à cet instant. Et cela faisait longtemps… Qu’ils n’avaient plus ressenti pareil épanouissement, complicité, dans les bras l’un de l’autre.

Joyeuse, Trisha décide de prendre possession de la salle de bains en premier, interdisant à son petit ami, à l’aide d’un clin d’œil taquin, de la suivre, parce que la jeune fille se doute que leur présence ensemble dans la salle d’eau ne sera qu’une prolongation de leurs ébats.

Joakim esquisse un sourire sincère, amusé, tout en la laissant filer. Il sait bien qu’elle n’a pas tort… Après qu’il ait renfilé ses vêtements, il décide de l’attendre au salon.

Maya est déjà dans la pièce, soufflant de lassitude lorsqu’elle le voit arriver. Elle est agacée de le revoir ici. Elle qui pensait que sa fille avait enfin su se détacher de celui qui lui avait fait tant de peine, tout en la décevant chaque jour un peu plus…

— Pire qu’un morpion… Tu ne lâches jamais l’affaire, hein ? grommelle-t-elle, stressée, tout en touillant son café qui repose sur la table basse du salon.

Elle a toujours adoré prendre son petit-déjeuner ainsi, tranquillement installée sur son grand canapé à zapper quelques chaînes de télévision, tout en sirotant sa délicieuse mixture pendant que le chaton de la maison — qui, au lieu de ne passer qu’une seule nuit ici, est en train de se faire lentement, mais surement, adopter par elle et sa fille — s’amuse à tournicoter entre ses jambes.

— Bonjour, répond Joakim avec une politesse qui ne lui ressemble pas vraiment, entre ces murs.

Maya en est surprise. Sur le coup, elle se demande même s’il ne serait pas tombé sur la tête, ce matin. Elle ironise alors en retour et sans attendre :

— Tu ne t’es pas fait trop mal en tombant du lit ?

— Toujours le mot pour rire, vous, décidément, lui retourne Joakim avec une tranquillité qui en devient désormais intrigante pour son interlocutrice.

« Que mijote donc cet étrange énergumène ? ! » se demande Maya, un air interloqué qui se lit sur son visage. Elle s’empresse de poursuivre :

— Si je ne te connaissais pas, je pourrais presque avoir l’impression d’être devant un jeune homme plein de bonnes intentions, mais…

— C’est le cas, l’interrompt Joakim avec assurance.

— Ah, tu crois ? grince Maya en remuant plus nerveusement sa cuillère dans sa tasse de café. Parce que moi, j’ai plutôt l’impression d’être devant un petit con qui se sert d’une jeune fille dévouée qui l’aime, et…

— Je ne vais plus faire d’erreur, je vous le promets.

Maya se fige devant son affirmation. Il semble si calme et sincère qu’elle a presque envie de le croire…

Elle reste cependant perplexe, continue de l’observer, de façon presque gênante, tout en se fichant de ce qu’il pourrait en penser. Elle se met à songer qu’il est vrai que sous ses prunelles vert olive, il n’a pas l’air méchant, bien au contraire, puisque de sa présence se dégage une sorte d’autorité, de protection, mais aussi d’assurance. Maya comprend l’affection que sa fille peut lui porter, car cet idiot a un petit truc en plus, en effet…

Alors pourquoi ? Pourquoi émane-t-il aussi de lui une telle aura nourrie d’on ne sait quoi ? Cet autre petit quelque chose qui donnait envie de le fuir et de s’en méfier comme de la peste. Maya se perd dans ses songes, à la fois angoissée, énervée, puis blasée, elle ne réalise pas l’entrée de sa fille dans la pièce,

— Bonjour maman ! s’exclame joyeusement Trisha en s’approchant rapidement de son petit ami. « Alors, vous n’avez pas trop comméré en mon absence, tous les deux !? »

Elle semble si heureuse aujourd’hui que Maya ne se sent pas de ternir l’ambiance parce qu’elle n’apprécie pas que son trublion soit de retour ici. Elle lui répond donc, l’air joyeux et avec humour :

— On complotait pour prendre le contrôle de L.A.. Cependant, puisque tu es de retour, on va devoir remettre notre petite réunion à plus tard, sourit Maya en direction de Joakim et avec un clin d’œil complice.

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Temps de lecture : 3 minutes

 

*

 

À quelques kilomètres de là, chez les Bauer, Jeyne sirote une boisson chaude avec son fils unique, tout en discutant de tout et de rien ; cela fait quelques mois qu’ils deux ne se sont plus vus et elle vient d’apprendre que le couple de sa progéniture va mal, en ce moment. Pudique, son Raphaël ne lui a jamais rien dit, au téléphone, mais Jeyne creuse désormais intelligemment pour comprendre que la seule coupable de tout ce fiasco n’est qu’Eva, la seule responsable du chaos moral qui règne dans l’ancienne maison du bonheur ! Oui, elle le clame, que le rôle de la mère de famille manque à ce foyer ! Cette femme ne devait pas fuir ainsi chez sa mère en abandonnant les siens ! Jeyne râle, critique, Raphaël défend. Il ne supporte pas qu’on attaque trop son épouse…

— Je vais rester quelques jours, si cela ne te dérange pas, annonce Jeyne avec un doux sourire et tout en dévisageant son fils avec compassion. Je ne pense pas que tu aies vraiment envie d’être seul à t’occuper de tes enfants, en ce moment, n’est-ce pas ? Je t’aiderais à gérer tout cela. En attendant que tu discutes avec Eva. Tu sais bien comme elle est, un peu égoïste, méchante, mais elle reviendra surem…

— Je ne veux pas qu’elle revienne, maman.

— Pardon ? s’enquit Jeyne avec surprise, presque choquée, les yeux désormais écarquillés.

Elle fronce les sourcils pour riposter, mais Raphaël la coupe, pour balbutier maladroitement :

— Elle, elle…

Raphaël Bauer a toujours été un homme fier. Un homme rempli d’assurance qui doute rarement de sa personne. Toute sa vie, et surtout durant son adolescence, il a eu l’habitude d’être courtisé et réclamé par la gent féminine, et jusqu’à aujourd’hui, il n’imaginait pas qu’un autre homme puisse lui faire de l’ombre. Son épouse a toujours été l’idole et la star de sa vie, la compagne idéale que tous les hommes souhaiteraient avoir à leurs côtés, mais qui n’aimait cependant que lui. Comment aurait-il pu alors penser qu’elle puisse…

Avec une honte palpable, il avoue à sa mère l’infidélité qui lui a brisé le cœur. Alors qu’il ouvre péniblement les lèvres pour prononcer ces mots qui sonnent faux à ses yeux « elle m’a trompé », son cœur vole en éclats avec sa définition de l’amour. Il ne comprend toujours pas l’acte de son âme sœur… Sa mère s’empresse aussitôt de faire de gros yeux, tout en fronçant furieusement les sourcils pour jeter mille injures à destination de l’infâme fille de joie qui s’est moquée de la prunelle de ses yeux durant toutes ces années ! Beaucoup de vérités cinglantes jaillissent du gosier de la femme d’âge mûr et sa rancœur envers Eva Bauer se révèle palpable, à tel point que Raphaël tente de l’apaiser, blessé que l’on puisse critiquer aussi vivement celle qui reste son épouse ; personne n’a le droit d’entacher ainsi le nom de sa Juliette…

— Je me demande ce que Vanessa pense de tout ça ! Je suis sure qu’elle est du côté de sa petite conne ! Je vais y aller et on va voir ce qu’elle va me dire !!! Mon Dieu, je n’en reviens pas, comment a-t-elle osé ?! Comment ?! Vanessa était sûrement au courant, je me demande si ça ne serait pas pour cela qu’elle ne m’appelle plus, je suis sure qu’elle meurt de honte !

— Vous n’avez pas à vous en mêler, nous allons régler tout ça avec Eva…

— Toi, tu vas régler quelque chose avec Eva ? Pardonne-moi mon chéri, mais à part tout excuser et offrir à cette conne, tu n’as jamais su régler quoi que ce soit avec !

Jeyne lance cela en détalant de la maison Bauer, en direction de celle des Muller. Sa vieille amie Vanessa lui ouvre rapidement sa porte dès qu’elle la voit sur son perron :

— Hey, ton fils ne sait pas ce qu’il perd, mais je lui souhaite bien du courage pour retrouver une femme aussi exceptionnelle qu’Eva. Au pire, il pourra enfin se décider à virer de bord, j’ai toujours parié que son coming-out se ferait avant ses quarante ans.

C’est au moment où Vanessa éclate diaboliquement de rire, la gorge déployée à son maximum et le regard revanchard, que l’amitié sincère qui s’était tissée, au fil des années, entre elle et Jeyne Bauer, vole en éclats…

— Tu es… Pathétique, renvoie Jeyne, l’estomac noué et en tournant illico les talons, maudissant la lignée abjecte et sans éducation de son interlocutrice.

Elle s’en veut d’avoir couru ici. Qu’espérait-elle donc ? Les chiens ne font pas des chats et Vanessa Beckers ayant souvent été une garce manipulatrice, par le passé, il fallait se douter que le naturel de tout ce petit monde reviendrait un jour au galop… « Au fond, dans cette sordide famille Muller, le seul adulte encore sain et stable reste Erwan », songe Jayne en revenant chez son fils, plus furieuse et blessée que jamais.

~ 252 ~

Temps de lecture : 6 minutes

 

*

 

 

Vedera Even I
0:00 / -:--

♪ Vedera – Even I ♪

De retour chez elle après une nuit en observation à l’hôpital, Amy pense encore avec dégoût à sa mère qui n’a même pas pris la peine de demander dans quel état physique ou moral elle pouvait se trouver après une overdose.

Son indifférence à son égard va crescendo depuis quelques jours et si Amy feint de s’en désintéresser, il n’y a pas une nuit où elle ne pleure pas de se réaliser aussi invisible aux yeux de sa génitrice.

Son cœur se brise aussi, et encore plus de songer que celui qu’elle aime éperdument ne s’est pas soucié de sa personne une seule seconde.  Elle ne comprend pas pourquoi… et voudrait en savoir plus.

I don’t wanna notice // Je ne veux pas le remarquer.
I don’t wanna see // Je ne veux pas le voir
Even I don’t give up // Même moi, je ne renonce pas.
Even I won’t give up // Même moi, je n’abandonne pas.

Son cœur et ses sentiments en ont besoin.  Elle a hâte de lui demander les raisons de son indifférence…  Certes, elle a commis de nombreuses bévues les unes après les autres et a manqué d’intégrité envers beaucoup de personnes, y compris sa meilleure amie, mais Joakim n’est pas non plus tout blanc dans leur histoire et elle sait qu’il a souvent passé de beaux moments à ses côtés…  Elle le sait.  Ces souvenirs-là, elle ne les avait pas inventés, ils sont aussi réels que merveilleux.

You’re breaking the surface // T’es en train de tout briser
So what’s left of me? // Alors dis-moi ce qu’il reste de moi ?
Tell me when is enough // Dis-moi quand ça sera assez.
Tell me I should give up // Dis-le-moi si je devrais finalement abandonner…

Alors pourquoi a-t-il agi ainsi ??  Sa cruauté envers elle n’est pas justifiée. La jeune femme ne comprend pas son attitude puisqu’il lui a avoué en face préférer sa présence à celle de Trisha.  a-t-il agi ainsi par respect pour Noah ? Amy y songe souvent, à cette éventualité. Il est vrai que son amant ne peut pas vraiment se mettre officiellement en couple avec elle, à cause de son cousin…

It’s not the way you move //  Ce n’est pourtant pas ce que tu laisses paraître.
It’s your words // Ce sont tes mots.
Though they soothe // À travers le fait qu’ils apaisent
They’re not telling the truth // Ils ne disent pas la vérité.

Finalement agacée par ces nombreuses questions douloureuses et voulant absolument leur offrir des réponses, elle décide de téléphoner à son amour sans plus attendre et peu importe qu’il lui ait demandé de ne pas le faire en journée.  Elle est à bout. Dix minutes après qu’elle soit de retour chez elle, huit minutes après qu’elle ait jeté son sac à main sur le lit de sa chambre et cinq après qu’elle ait pioché une canette de Fanta dans le réfrigérateur, elle compose le numéro de cet infâme ingrat qui a oublié bien trop vite les moments géniaux qu’il pouvait passer en sa compagnie.  Elle l’a porté, soutenu, conseillé quand Trisha lui sortait par les yeux, elle l’a fait rire et danser jusqu’à épuisement, discuté jusqu’à mourir de soif, joui jusqu’à atteindre le septième ciel…

Didn’t I know you? // Pourtant, est-ce que je ne te connaissais pas ?
Didn’t I try to carry on // Est-ce que je n’ai pas essayé de te porter ?
While just believing in you ? // En me contentant simplement de croire en toi ?

Joakim ne laisse écouler que deux sonneries avant de décrocher nerveusement son appel pour l’envoyer violemment se faire voir. Furieux d’entendre sa voix dans le combiné de son téléphone portable, alors qu’il a quitté l’appartement de sa petite amie il y a peu et que pour cette raison celle-ci aurait pu surprendre cet appel, il est sans pitié avec celle qui en attendait tant de cette conversation téléphonique. Méchamment, de façon cruelle et calculée, il lui jette qu’il regrette qu’elle se soit ratée, la veille.

Didn’t I give up everything? // Est-ce que j’ai pas tout abandonné pour toi ?
Tell me now if there’s // Dis-le-moi alors.
A reason for anything // S’il y a une raison pour tout ça…

Insultant, il la traite de bonne à rien, affirmant qu’elle n’est même pas capable d’ingurgiter suffisamment de drogues pour mettre fin à ses souffrances.  N’y en avait-il pas assez chez Kristofer ?  Joakim se moque méchamment, traitant son interlocutrice de lâche.  Pourquoi est-elle encore en vie ?!  Il est dégoûté qu’elle ait survécu !

My heart it was open // Mon cœur était grand ouvert.
You stepped through the door // Tu es venu, tu as passé la porte.
It is tearing me up // C’est en train de me déchirer complètement
Giving in, giving up // Il faut que j’abandonne, que j’abandonne…

Amy explose en larmes, criant son désespoir et sa peine ; elle hurle qu’il n’a pas le droit de lui parler ainsi, alors qu’il y a peu, il se lovait dans ses bras pour trouver réconfort et affection inébranlable.

Left here always hoping // Laissée en plan à malgré tout continuer d’espérer
One day there’d be more // Un jour, j’aurais plus que ça !
Even I don’t give up // Même moi, je n’abandonne pas.
But tell me when is enough // Mais dis-moi quand je le devrais…

Irrité par ces souvenirs qu’il aimerait oublier aujourd’hui, Joakim lui crache un « ta gueule », tout en serrant le poing de sa main si fort que ses jointures en blanchissent.  Il aimerait la rabaisser encore un peu, la détruire toujours plus…

I see the strings you pull // Je sais que je ne suis qu’une captive enchaînée.
I’m not blind // Je ne suis pas aveugle.
And I’m not fooled // Je ne suis pas stupide.
Well, you know it’s true. // Mais tu le sais, de toute manière…

Mais devant sa détresse, il se retient, touché par ses sanglots désespérés.  « Nous ne sommes pas et ne serons jamais ensemble », répète-t-il alors plus calmement. Il doit se reprendre et ne pas frapper une femme à terre, il n’est pas un adepte des combats déloyaux et celui-ci n’est plus équilibré depuis très longtemps. Amy Wills n’est plus rien aujourd’hui.  À trop jouer avec elle, il l’a clairement détruite sans même le souhaiter.  « Appelle Noah, passe du temps avec lui, il tient à toi, accroche-toi à lui.  Noah sera toujours là pour toi, » prononce-t-il avec culpabilité et en baissant le ton. Il tente de se comporter en ami.  En camarade, du moins.  Il fait un effort.  Pour une fois, il tente de se soucier d’une âme meurtrie.  L’exercice lui parait ardu, car il reste débutant dans le domaine, mais son psychologue l’a incité à essayer de comprendre les autres, les neurotypiques.  Alors il essaie… Il prend sur lui et réalise qu’il accomplit aujourd’hui quelque chose d’incroyable pour sa personne. Il se sent donc fier de sa prestation et un discret sourire en coin apparait sur ses lèvres.  Sa colère est en train de s’estomper !  Il peut désormais parler amicalement avec sa comparse !  Il s’en sent capable ! !  Il a réussi à passer au-dessus de son agacement et de son désintérêt pour autrui !

Didn’t I know you? // Pourtant, est-ce que je ne te connaissais pas ?
Didn’t I try to carry on // Est-ce que je n’ai pas essayé de te porter ?
While just believing in you ? // En me contentant simplement de croire en toi, est-ce suffisant ?

— T’es vraiment qu’un sale égoïste de merde !

Didn’t I give up everything? // Est-ce que j’ai pas tout abandonné pour toi ?
Tell me now if there’s // Dis-le-moi alors.
A reason for anything // S’il y a une raison pour tout ça…

Voilà que cette idiote gache ses efforts et tentatives de compréhension de la plèbe.  Il raccroche alors la communication sans rien lui prononcer de plus, blasé que les conseils de son psy ne soient finalement pas plus utiles que le fait de pisser dans un violon.

And here we are one glance away //  Eh bien nous y voilà.
I wanted you, you couldn’t stay // Je te veux mais tu ne peux pas rester avec moi
Every part of me // Chaque part de moi
Still reaching out, reaching in // Continuent de tendre la main vers toi pour tenter de t’atteindre

And will I be here till the day // Mais est-ce que je serais là jusqu’à ce jour
You’ve found another // Où tu trouveras
To back away from? // Un quelconque moyen de me revenir ?
I won’t make the same mistake again, no //  Je ne referai plus les mêmes erreurs, non.

Didn’t I know you?
Didn’t I try to carry on?
While just believing in you?

Didn’t I give up everything?
Tell me now if there’s
A reason for anything…

Minayaverse

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