Joakim n’a pas dormi de la nuit et lorsque l’équipe de diagnosticiens arrive dans leur salle de travail pour commencer leur journée, ils le retrouvent occupé à griffonner ses recherches sur leur tableau blanc. Ils constatent aussi très vite que leur bibliothèque est soigneusement rangée, exactement comme avant que le petit prodige ne mette son nez dedans.
Le jeune Bauer a tout avalé pendant la nuit et désormais, il a la tête aussi remplie de connaissances théoriques que les meilleurs diagnosticiens du pays. Son visage fatigué, à la suite de sa nuit blanche, est cependant animé par une flamme qui impressionne les hommes autour de lui. Ce môme semble à sa place, ici, dans leur salle de recherches. Il prend véritablement son pied à réfléchir avec eux, écrivant sur le tableau blanc de la main gauche, comme un parfait ambidextre, alors qu’il a toujours été droitier.
Le jeune génie impressionne ceux qui l’entourent au point que le directeur de l’hôpital commence à passer de temps en temps dans le couloir parallèle à la salle de recherches pour l’observer… « Mais qu’est-ce que c’est que ce gosse ? » songent-ils tous.
*
=== 9 juin, 15 h 00 ===
Les heures s’étirent interminablement, et les époux Bauer s’efforcent de naviguer, chacun à leur manière, à travers le tumulte des événements tragiques qui bouleversent aujourd’hui leurs existences.
Éva, le visage empreint de fatigue et de désespoir, se réfugie dans la chapelle de l’hôpital. Elle s’agenouille sur le banc en bois usé, les mains jointes, ses lèvres murmurant des prières silencieuses tandis que les larmes coulent sur ses joues. Pendant ce temps, son époux, le visage marqué par une fatigue accablante, arpente les couloirs froids et impersonnels près de la salle de diagnostic. Il jette des regards anxieux à travers la vitre où leur fils aîné, entouré de médecins, se bat toujours avec acharnement pour sauver sa cadette.
Malgré que Joakim n’allume quasi plus son téléphone depuis le drame qui s’est produit la veille, Trisha a appris la tragédie par Noah. Elle arrive donc à l’hôpital très inquiète pour son petit ami qui doit très mal vivre la situation… et ce bien que ce vilain sacripan n’ait pas jugé bon de l’appeler à l’aide, de lui demander du réconfort. alors qu’elle n’attend que ça, d’être là pour lui !
La rouquine se perd dans le bâtiment hospitalier et personne ne semble vouloir la laisser monter à l’étage d’Erika. Agacée par ce rejet, elle demande à parler à l’un des proches de la famille de la patiente qui pourrait être sur place.
Raphael arrive peu après. Il lui offre aussitôt une amicale accolade et l’emmène ensuite avec lui, dans son couloir fétiche, près de la salle de recherches.
Une fois sur place, il explique brièvement à la petite amie de son fils que celui-ci est actuellement en train d’aider au diagnostic de sa sœur, parce qu’il possède une certaine facilité dans la compréhension de la médecine et de… Il s’embrouille très vite dans sa tentative de mensonge et décide soudain de tout avouer à son interlocutrice, avec une franche sincérité.
Trisha se fige dans une expression de surprise en apprenant la nouvelle, mais un sourire ému et beaucoup de fierté effacent très vite ce premier sentiment.
Elle s’éloigne peu après de son beau-père pour filer le long du couloir en direction de la salle de diagnostics et ce, même si celui-ci vient de la prévenir que Joakim n’est pas particulièrement chaleureux lorsqu’ils tentent de l’observer à travers la baie vitrée… À ses risques et périls si elle tente cette folie !
Têtue et amoureuse, Trisha poursuit son chemin pour apercevoir son compagnon : elle meurt d’envie de l’enlacer ! Ses yeux pétillent d’admiration, de fierté et d’amour, mais la flamme qui anime son regard s’éteint très vite. En effet, elle remarque que son homme la remarque à peine et qu’il ne s’attarde pas un seul instant sur sa personne derrière la baie vitrée. Il l’ignore complètement, exactement comme il le faisait dans ses jours sombres.
Il est en effet bien trop occupé pour prendre la peine de se souvenir de l’existence de sa rousse.
L’humiliation de sa compagne est à son paroxysme alors qu’elle se voit comme la dernière roue du carrosse, et ce même si elle est sincèrement heureuse pour lui d’avoir trouvé un environnement qui semble le combler… Elle ne peut pas lui pardonner de l’humilier à ce point !
« Mais pour qui se prend-il, à la fin ?? » Un regard, un sourire, un signe de main, cela ne mange pas de pain et son statut de petite amie lui offre tout de même le minimum des considérations ! Surtout qu’elle a fait beaucoup de kilomètres pour venir s’inquiéter de son sort !
Blessée et frustrée par son comportement, elle tourne vivement les talons en décidant de ne plus remettre le moindre pied ici ou de carrément ne plus faire le moindre pas vers son homme !! Ni appel, ni SMS, ni message quelconque ! Et ce, jusqu’à nouvel ordre ; et donc, jusqu’à ce que l’affreux ne vienne ramper à ses pieds en lui demandant pardon d’être aussi dégueulasse dans son indifférence !
De son côté, Joakim se fiche complètement de ce qu’elle peut penser de son comportement, car elle est devenue le cadet de ses soucis. Il ne l’a pas ignorée par mégarde, non, son attitude est voulue et calculée. Occupé à se battre pour sauver sa sœur, il ne peut se disperser pour réaliser la présence d’autres êtres humains trop collants. Cela ne l’intéresse plus. Ici, entre les murs de cette salle, il se sent enfin complet et épanoui, évoluant enfin dans une bulle qui lui apporte tout ce qu’il avait toujours espéré, sans pour autant croire qu’il l’obtiendrait un jour…
Tout le reste devient donc dérisoire et dispensable à ses yeux.
Pourtant, dans un court instant de culpabilité suite au départ de sa rousse, il se décide à allumer son téléphone portable, mais la réception immédiate d’un appel le surprend et l’énerve. Il raccroche au nez de l’indésirable et éteint à nouveau son iPhone. Il ne veut plus de cet entourage ridicule et inutile à son existence. « Que ces neurotypiques de malheur restent donc entre eux et lui lâchent les couilles ! »
Blessé par la tentative de conversation coupée brutalement, Hajer se retrouve nez à nez avec le désintérêt de son ami, après avoir désespérément essayé de le joindre toute la journée, en tombant constamment sur son répondeur. Le Drifterz est plus seul que jamais depuis deux jours et ce soir, il subit une violente crise de manque, alors qu’il est recroquevillé sur lui-même et pris de spasmes, dans le recoin d’un squat malodorant et insalubre où aucun des autres junkies de l’endroit ne remarque son mauvais état. Et pour cause, ils sont tous dans la même condition que lui… Mais Hajer, souffrant le martyr et ayant besoin de sa dose, agonise en silence en étant tiraillé par l’envie de voler une fois encore de l’argent à ses parents, pour se procurer ensuite sa désormais seule et unique raison de vivre. Sa came. Sa précieuse dope… Les yeux du jeune homme s’embuent de larmes et il se met à pleurer bruyamment pour exprimer sa douleur. Sa dope !! Sa dope ! Il veut sa dope ! Si son ami daignait décrocher son téléphone, il pourrait le supplier de lui donner de quoi s’en procurer pour qu’il aille mieux, mais ce soir Joakim se fiche de tout ! Ce soir Joakim le laisse tomber ! Il l’abandonne dans sa solitude, la puanteur de cet endroit, ainsi que sa souffrance ! Pourquoi ?! Mais, pourquoi donc agit-il ainsi ?! Est-ce le rôle d’un ami ?! D’ignorer la douleur de ses plus proches alliés ?! NON ! Joakim exagère ! Après tout ce qu’il a fait pour lui : vendre son âme au diable, bafouer son propre honneur, voilà donc comment il lui rend la pareille ! En l’ignorant ! En le laissant tomber ! Titubant, Hajer se relève enfin du sol et marche péniblement. Il s’extirpe du squat avec pour intention de voler ses parents encore une fois, en se fichant des éventuelles conséquences. Il n’a plus que ça à faire, de toute manière. Puisque son soi-disant ami et allié l’avait abandonné. Ce faux frère de cœur qui, au fond, n’attendait de lui que l’assurance qu’il ne se livrerait jamais à la police en révélant de bien sombres vérités. Tremblant et souffrant comme jamais de ses spasmes, ses battements de cœur s’accélérèrent en rythme avec sa rancœur pour son comparse drifterz qui décuple. Ce faux-ami est réellement mauvais. Sans cœur ni âme ! Tellement pourri de l’intérieur qu’il mérite qu’il le laisse tomber à son tour et se précipite au poste. Faux-ami ! Faux-ami ! Chien ! Sale chien ! Connard !!!! Il va payer ! Ce soir, il va payer pour sa méchanceté ! Ses faux-semblants ! Son hypocrisie !!!! Oui !
Pendant ce temps, Amy chante en studio, devant son nouveau manager. Elle travaille avec lui sa nouvelle chanson !
Il ne l’a pas détestée, bien au contraire, et désormais ils la peaufinent ensemble ici. Amy adore son nouveau mentor et espère le satisfaire pour qu’il continue de vouloir travailler avec elle.
Cold In California
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♪ Cold in California – Sarah Haze ♪
Cuz it’s never COLD IN CALIFORNIA // Parce qu’il ne fait jamais froid en Californie ! There’s always someone here // Il y a toujours quelqu’un ici To tell you that they love you // Pour te dire qu’ils tiennent à toi When others disappear // Quand d’autres disparaissent
Comme une fillette surexcitée, elle s’éclate devant son micro et adore être conseillée par ce professionnel qui lui propose parfois des modifications dans ses vers ou rythmes, pour que le rendu de sa chanson soit toujours plus incroyable.
It’s never COLD IN CALIFORNIA // Il ne fait jamais froid en Californie ! Cause I’m still here // Parce que je suis toujours là I’m still here // Je suis toujours là.
Il croit en elle et tous les deux discutent énormément entre deux enregistrements. Amy est ravie de pouvoir travailler avec quelqu’un d’aussi génial, gentil, compréhensif et amical !
De son côté, Richard l’apprécie de plus en plus, cet adorable moulin à paroles blond qui en a vécu des vertes et des pas mûres, pour pouvoir écrire avec tant de sincérité une chanson d’espoir, exactement comme il le lui a demandé. Elle lui a ainsi prouvé son sérieux et son implication dans leur duo et cela a amplifié son désir de collaborer avec elle, sa nouvelle protégée. Il désire ardemment la prendre sous son aile et se promet à lui-même qu’aucun autre Joakim ou autre adolescent boutonneux ne viendra plus blesser sa petite star, trop talentueuse pour perdre son temps dans des amourettes idiotes de lycée !