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L’Améthyste (ツ)

~ 349 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

*

 

=== 17h00… ===

Réveillée et désormais stabilisée, Erika vient de quitter les soins intensifs pour rejoindre une chambre normale.  Elle s’y reposera plus sereinement et y recevra ses visites dans de meilleures conditions.  Son état reste stationnaire et aucun diagnostic n’a encore été établi. 

Encore un peu groggy et très faible, elle s’occupe en écoutant les nombreux messages de ses amis sur la boite vocale de son téléphone portable.  Les larmes lui montent très vite aux yeux et elle s’empresse de renvoyer des textos à tout ce petit monde, le cœur gonflé de joie de s’apercevoir que tant d’amis semblent là pour elle, dans cette épreuve.

Son père se précipite dans sa chambre une demi-heure plus tard.

Il a eu une frousse bleue en réalisant que son lit en soins intensifs était vide.  L’espace d’un instant, il a cru qu’il perdait encore un enfant et alors que ses yeux s’emplissaient déjà de larmes, une infirmière lui a appris que sa fille avait été déplacée.

 

*

 

=== 9 juin, 17 h 30 ===

Dans son état, Hajer perçoit difficilement les hurlements de son père ainsi que les pleurs de sa mère.  À demi-conscient, sombrant peu à peu, il essaie de réaliser ce qui est en train de se passer sous ses yeux, ce qu’il a lui-même déclenché en se faisant prendre la main dans le sac alors qu’il tentait de piquer quelques billets dans le coffre familial.  Tout ceci n’était pourtant pas censé se produire.  Jamais, oh grand jamais, ses parents n’auraient dû le surprendre en train de les voler.  Ce ne sont désormais plus des spasmes de douleur dus à l’effet de manque qui le déchirent désormais, mais d’autres de culpabilité, détresse et honte.  Si seulement il pouvait disparaître immédiatement dans un trou de souris, pour ne jamais en ressortir…

Mais qu’a-t-il donc fait ?!  Il fond nerveusement en larmes en confessant subitement sa responsabilité dans l’incarcération d’un innocent, la tête agrippée entre ses mains, il pleure comme un enfant en prétendant que depuis l’emprisonnement de Joey Sanders, il sombre sans pouvoir parler à personne de son odieux secret.  Il a commencé à se droguer pour cette raison, il devait se shooter h24 pour oublier son péché.  Ses larmes redoublent alors que son père ne s’arrête plus de lui crier sa déception.  Il l’a tellement déçu !

Comment lui, l’immense fierté de sa vie, a-t-il pu tomber aussi bas ?  Comment a-t-il pu faire accuser un innocent ou même voler pour consommer de la drogue afin d’oublier ses mauvaises actions ?  Jamais les Riahi ne se sont abaissés à tant d’ignominies !  Leur lignée a toujours été des plus respectables et Hajer les ridiculise aujourd’hui !  Où est donc passée son éducation exemplaire ?!  Ses envies d’écriture, son rêve de devenir écrivain ?!  Où s’est donc envolée sa bienséance et ses bonnes manières ?!  A-t-il tout jeté aux ordures pour préférer devenir un malfrat immonde qui s’auto-détruit, vole et accuse injustement des innocents pour camoufler ses propres crimes ?!

Le Difterz brisé n’en peut plus.  Seul le mot « pardon » s’échappe désormais de ses lèvres, en rythme avec ses larmes qui lui trempent le visage.  Sa détresse est palpable et sa mère accourt pour le prendre dans ses bras, pleurer avec lui, tout en le réconfortant.  Elle lui assure qu’Allah sauvera son âme, qu’il n’a pas à s’en faire, tout ira bien, car Allah sait être juste !

— S’il mérite son pardon, bien sûr, et pour cela, il doit se dépêcher d’avouer ses crimes.  Il doit faire libérer le pauvre enfant emprisonné à tort, ajoute son père, toujours furieux.

Hajer déglutit devant l’ordre de son paternel.  Il n’en revient pas. Ses parents lui demandent de se livrer aux autorités en le menaçant ensuite de le renier s’il ne s’y résout pas.  Il en tremble de terreur tandis que son père lui assure que s’il se montre digne d’intégrité, lui et sa mère le soutiendront dans sa rédemption.  Il ne sera plus jamais seul et même s’il doit subir une peine de prison, il recevra autant de visites qu’il lui sera autorisé.  Ils ne l’abandonneront pas à son triste sort.

~ 350 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

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=== 9 juin, 18 h 00… ===

 

A Fine Frenzy Near To You
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♪ A Fine Frenzy – Near to You ♪

Amy a réalisé son erreur peu après avoir rejeté celui qui lui offrait le plus de bienveillance aujourd’hui.  Honteuse, elle se presse ensuite chez son manager pour tenter de réparer les pots cassés.  D’une main fébrile, elle toque à sa porte en priant pour qu’il lui pardonne et ne l’abandonne pas…

Dès qu’il lui ouvre, elle lui bafouille ses excuses avec une sincère détresse.  Elle regrette son attitude stupide et déplacée alors qu’il tentait juste de la conseiller.

Elle avoue adorer qu’il le fasse car elle trouve agréable de posséder un adulte dans sa vie qui sait la guider dans ses choix douteux.  Elle s’est rendu compte de sa bêtise alors qu’elle se dirigeait vers l’hôpital, vers Joakim…  mais elle a fait demi-tour et n’y est pas allée !  Il peut être fier d’elle !  Elle veut évoluer et arrêter de retourner dans ses « patterns » destructeurs.  Elle a besoin de lui…

He and I had something beautiful // Lui et moi, on avait quelque chose de magnifique.
But so dysfunctional, it couldn’t last. Mais tellement bancal que ça ne pouvait pas durer.
I loved him so but I let him go // Je l’aimais mais j’ai accepté de le libérer.
‘Cause I knew he’d never love me back // Parce que je savais qu’il ne me rendrait jamais mon amour.

 

 

Capricieuse Gregoire
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♪ Capricieuse – Grégoire ♪

Et je râlerai souvent, parce que j’en ai besoin.
Je répéterai bêtement, toujours le même refrain.

Je serai capricieuse !
Je serai malicieuse !

— Arrête de pleurer, je n’ai jamais eu l’intention de t’abandonner ni même d’arrêter de travailler avec toi, soupire Richard, touché par ses larmes. Allez, entre. Tu veux boire quelque chose ?

Such pain as this // J’ai tellement mal
Shouldn’t have to be experienced // Une douleur que je n’avais jamais ressentie avant lui.
I’m still reeling from the loss.  Je suis encore fragile de l’avoir perdu.
Still a little bit delirious // Je continue de faire n’importe quoi à cause de ça.

— Oui, merci ! s’exclame Amy, aux anges, profondément heureuse.

Near to you, I am healing // À tes côtés, je guéris
But it’s taking so long // Mais ça prend trop de temps.
‘Cause though he’s gone // Parce qu’il n’est plus là avec moi

Je suis une enfant chiante.
Une enfant délicieuse

And you are wonderful // Et tu es merveilleux.
It’s hard to move on // Mais ça reste difficile d’aller de l’avant.
Yet, I’m better near you. // Pourtant, je suis mieux près de toi.

Je serai capricieuse.
Je suis la malicieuse.
Oui je sais, je suis chiante.
Mais je suis délicieuse.

You and I have something different // Toi et moi avons quelque chose de différent.
And I’m enjoying it cautiously. Et j’adore vraiment ça.
I’m battle-scarred, I am working oh so hard // Je n’aime pas me battre, pourtant je m’acharne pour.
To get back to who I used to be // Redevenir celle que j’étais avant lui

Je serai fatigante, te poserai des questions.
Idiote et insolente, un vrai petit démon.

Near to you, I am healing // À tes côtés, je guéris
But it’s taking so long // Mais ça prend trop de temps.
‘Cause though he’s gone // Parce qu’il n’est plus là pour moi

Et quand ça n’ira pas, tu seras responsable.
Sache que c’est comme ça, je suis irréprochable.

And you are wonderful // tu es merveilleux.
It’s hard to move on // Mais ça reste difficile d’aller de l’avant.
Yet, I’m better near you. // Pourtant, je suis mieux près de toi.

Je suis la capricieuse.
Je suis la malicieuse.
Je suis une enfant chiante.
Une enfant délicieuse

I only know that I am // Tout ce que je sais, c’est que je,
Better where you are // Suis mieux là où tu es
I only know that I am // Tout ce que je sais c’est que je…

Je suis la capricieuse.
Je suis la malicieuse.

Better where you are // Je suis mieux là où tu es…
I only know that I belong // Je sais juste où est ma place…
Where you are… // Là où tu es…

Oui je sais, je suis chiante,
Mais je suis délicieuse…

~ 351 ~

Temps de lecture : 5 minutes

 

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=== 9 juin, 18 h 30… ===

Malgré toute sa bonne volonté et son implication dans la recherche du diagnostic de sa sœur, Joakim se noie autant dans l’incompréhension que les professionnels diplômés à ses côtés.  Il pensait pourtant les surpasser.  Un triste retour à la réalité pour son égo malmené par le réel.

Au rythme où l’état de santé de sa sœur se dégrade, elle n’en a plus que pour une semaine maximum.  Nullement naïf, le jeune Bauer sait bien que le pire arrivera dès que le corps de sa cadette ne pourra plus assimiler tout ce qu’on lui fait subir pour tenter de la soigner à tâtons.  Elle n’en a plus pour longtemps.

Bien conscient de cela, il ne va pourtant pas la voir et ce, malgré qu’elle puisse désormais recevoir plus de visites qu’en soins intensifs.  Joakim ne peut se résoudre à se présenter devant elle tant qu’il ne peut lui annoncer qu’elle sera sauvée.  Il n’en a pas le courage.  Il ne veut plus voir son visage tant qu’il ne sera pas certain qu’elle vivra encore de nombreuses années derrière celui-ci.  Borné, il refuse de se dire que dans quelques jours, elle s’éteindra sans qu’il n’ait rien pu tenter.  Ce scénario-là est impensable.  Inconcevable.  Il va trouver un moyen, il le sait.

Sous ses airs calmes et assurés, il perd pourtant pied et entre très vite dans une spirale dépressive, nourrie par cette peur terrible de « ne pas y arriver ».  À côté de quoi passe-t-il donc pour ne pas réussir à faire la lumière sur ce qui tue sa sœur à petit feu ?  Il y a forcément un moyen de la sauver et même s’il se dissimule habilement, il peut être débusqué !  Joakim le sait et son entêtement décuple !  Il va trouver LE petit truc qui emmerde tout le monde !

Le fait qu’il en soit à ses 48 h sans fermer l’œil ne l’aide pas à se concentrer dans de bonnes conditions, car, les nerfs à fleur de peau, l’esprit brouillon, il ne tolère et n’accepte plus rien de personne.  Il ne se contente plus que de réfléchir seul, encore et encore…  Inlassablement.  Il est forcément passé à côté de quelque chose de crucial et il doit absolument trouver quoi.  Se mettant de plus en plus de pression, il porte sur ses uniques épaules l’obligation de sauver sa sœur, car à ses yeux, personne d’autre ne pourrait réussir cet exploit.  Il ne leur fait plus confiance, à ces soi-disant diplômés qui ont, malgré leurs longues années d’expérience, laissé mourir son frère.  Il ne dormira donc plus tant qu’il n’aura pas trouvé le moyen de sauver sa cadette.

Et ce même si ses « collègues » diagnosticiens lui conseillent de décrocher quelques heures afin de rentrer chez lui, faire un somme, se relaxer…  Son acharnement effraie désormais, car personne ne souhaite le voir s’écrouler de fatigue.  Le manque de sommeil reste dangereux pour l’organisme et si 48 h, cela passe encore, plus serait problématique.

Joakim ignore les mises en garde.  Il n’a pas besoin de dormir !  Ce n’est pas sa vie à lui qui est en danger aujourd’hui !  Alors il restera ici et réfléchira jusqu’à ce qu’il trouve ce qui tue lentement sa sœur.  Point.

Devant son sérieux et son implication, le directeur de l’hôpital finit par lui proposer de rejoindre son équipe de diagnosticiens après son diplôme, mais Joakim refuse.  Ce métier ne l’intéresse pas.  Il ne se voit pas passer sa vie entière à trier des connaissances déjà acquises pour comprendre les maladies des uns et des autres.  À la place, il préfère la découverte constante et n’écoute déjà plus son interlocuteur lorsque celui-ci lui annonce que s’il souhaite travailler dans la recherche, il a aussi de la place dans le laboratoire de son hôpital.  Il est même prêt à lui payer une éventuelle formation pour qu’il accepte le job…

Joakim ignore cette nouvelle proposition car sa bulle d’épanouissement se fissure un peu plus à chaque instant.  En le voyant devenir aussi irritable, exécrable et stressé, il est difficile pour tous de se souvenir qu’il y a moins de 24 h, il jubilait autant qu’un enfant emmené à Disneyland pour la première fois de sa vie.

Joakim ne s’amuse plus, entre ces murs.  Désormais, sur son visage, seule la fatigue et l’anxiété se lisent alors qu’il enchaîne les cafés.  Il ne doit pas dormir. Il ne doit pas sombrer.  Il doit tenir… jusqu‘à ce qu’il ait trouvé.

Hajer l’appela soudain sur son téléphone portable qu’il a rallumé il y a vingt minutes.  Las et agacé, il décroche pour partager sa mauvaise humeur :

— Quoi encore ?

– Je… Je..    Je suis désolé de t’ennuyer, mais je dois te parler de quelque chose, et je…

— Tu vas jamais me lâcher à la fin ?  Tu ne réalises pas que j’en ai marre de t’avoir sans arrêt collé à mon cul ?  Tu ne peux pas aller voir ailleurs si j’y suis, un peu ?

– Ok. Je voulais juste te prévenir que je pars me rendre à la police.  C’est le mieux pour tout le m…

– Cool, ta vie !

Excédé, Joakim raccroche dès la fin de sa réplique et son mépris est palpable, décuplé par le fait que, depuis qu’il a rallumé son téléphone, ce ne soit que ce crétin d’Hajer qui ait tenté de le joindre !  Ah, pour faire la Miss Monde qui exige toute l’attention de ses semblables, sa rousse est douée, mais dès qu’il faut prendre sur soi et le recontacter plus tard, il n’y a plus personne !  Dieu qu’elle l’énerve, cette idiote !  Qu’à cela ne tienne, il ne la rappellera pas le premier, foi de Joakim. Qu’elle aille au diable, elle aussi. Stressé, il ne réfléchit pas au sens des paroles de son ami Hajer : dans un état second permanent, la tête qui bourdonne constamment, il n’est plus en état de se préoccuper des crises existentielles d’un crétin en dépression pour des conneries.

Minayaverse

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