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L’Améthyste (ツ)

~ 346 ~

Temps de lecture : 5 minutes

 

*

 

En parallèle, dans une chambre d’hôtel en bord de plage, Paula se rhabille avec hâte, après avoir appris la tragédie qui vient de toucher sa meilleure amie.

 

Inevitable Anberlin
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♪ Inevitable – Anberlin ♪

Do you remember when we were just kids? // Est-ce que tu te souviens de quand on était mômes ?
And cardboard boxes took us miles from what we would miss //  Et ces boîtes de carton remplies de ce dont on ne pouvait se passer
Schoolyard conversations taken to heart // Ces discussions dans la cour de récré
And laughter took the place of everything we knew we were not // On rigolait de tout et de ce qu’on savait qu’on ne deviendrait jamais

 

I Never Told You Colbie Caillat
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♪ I Never Told You – Colbie Caillat ♪

 

Profitant du déplacement professionnel de son époux, elle s’est laissée aller entre ces murs pendant une nuit et presque deux jours, mais les meilleures choses ayant toujours une fin, il fallait bien que la réalité se décide à revenir toquer à sa porte.  Et diantre qu’elle le fait de façon cruelle, aujourd’hui…

I miss those blue eyes // Ton regard me manque.
How you kissed me at night // Comment tu m’embrassais à la nuit tombée
I miss the way we sleep // M’endormir à tes côtés me manque.
Like there’s no sunrise // Comme s’il n’y aurait jamais de lever de soleil
Like the taste of your smile // J’aime le goût de tes baisers
I miss the way we breathe // Respirer avec toi me manque

I wanna break every clock // Je veux casser toutes ces horloges
The hands of time could never move again // Figer le temps
We could stay in this moment (stay in this moment) //  On pourrait rester ainsi un moment comme ça.
For the rest of our lives // Pour le reste de nos vies
Is it over now?  Hey, hey, is it over now?  Est-ce que c’est fini ?  Hey, hey, est-ce que c’est vraiment fini maintenant ?

— Ich liebe dich, Wilfrid, ich habe niemals aufgehört, dich zu lieben…

— Ich liebe dich auch…

But I never told you // Mais je ne t’ai jamais dit
What I should have said // Ce que j’aurais dû te dire
No, I never told you. // Non, je ne t’ai jamais dit.
I just held it in // Je l’ai juste gardé pour moi.

La nouvelle est brutale et Paula n’en revient pas.  La veille, Alarich Bauer est décédé et sa sœur est hospitalisée.  48 heures de cauchemars pour les parents des deux enfants et l’agente et meilleure amie d’Eva Lee s’en veut terriblement d’avoir éteint son téléphone pour profiter de ce temps-là avec son amour de jeunesse.

De son côté, Wilfrid n’assume pas leur folie dans cette chambre d’hôtel mais il ne prononce pas le moindre mot sur le sujet, trop honteux, gêné, pour cela.  Il a pris son pied comme jamais mais maintenant que le rêve prend fin et qu’il doit réaliser la gravité de leur acte, il commence à culpabiliser.

I wanna be your last, first kiss // Je veux être en même temps ton premier baiser et ton dernier.
That you’ll ever have // Tout ce que t’auras jamais ailleurs
I wanna be your last, first kiss // Je veux être en même temps ton premier baiser et ton dernier.

— Du bist, meine Liebe, immer auch schön…

— Du bist noch schöner als in meinen Erinnerungen und ich, ich bete dich mit den kurzen Haaren an…

And now I miss everything about you // Et maintenant, tout de toi me manque.
I can’t believe it, I still want you // Je ne peux pas croire que je te veux encore.
After all the things we’ve been through // Après tout ce qu’on a traversé
I miss everything about you // Tout de toi me manque.
Without you, whoa… // Sans toi, whoa…

Ils ont peu parlé pendant ces deux jours car ils n’ont pas pris cette chambre d’hôtel dans ce but…

Lorsque l’ex-guitariste Troublemaker invitait son premier amour à manger une pizza, il ne s’imaginait pas passer la soirée à lui raconter ses 17 ans en Nouvelle-Calédonie, tout comme Paula n’acceptait pas sa proposition pour lui narrer ces années passées auprès d’un autre homme.

Amazing how life turns out the way that it does // C’est marrant la façon dont la vie se déroule.
We end up hurting the worst, the only ones we really love. Au final, ceux qu’on aime le plus sont ceux qu’on aime le plus.

Leur repas a donc été rapide, saupoudré d’anecdotes amusantes, avant qu’ils ne rejoignent leur chambre d’hôtel.

I see your blue eyes // Je vois ton regard.
Every time I close mine // À chaque fois que je ferme les yeux
You make it hard to see…//  Tu me troubles la vue…

— J’y vais ! On s’appelle !

Paula n’a rien trouvé de mieux à balbutier en s’extirpant de la pièce au pas de course et Wilfrid ne lui a rien répondu alors qu’il se rhabillait à son tour, un peu perplexe sur son propre comportement, son atroce infidélité.  Il va boire un café en ville pour méditer sur tout cela en essayant d’analyser son attitude, ses raisons d’avoir fait la connerie de sa vie, sans les comprendre réellement.

Il n’a encore jamais triché lors de son mariage et son épouse est ce qu’il a de plus précieux au monde, avec ses fils.  Il voudrait lui avouer son infidélité, parce que sa reine ne merite pas le mensonge…

Comment se déroulerait une telle conversation… ?  Au téléphone ? Ou dans quelques semaines, lorsqu’il sera de retour à Nouméa ?  Cela impliquerait qu’il garde cette histoire sous silence en attendant, mais il sait bien qu’il ne saura pas dormir la nuit en dissimulant un truc pareil ! Il n’a encore jamais menti à sa belle métisse qui le connaît mieux que quiconque !

Il doit donc lui dire toute la vérité…  et vite…

~ 347 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

=== 16h30… === 

Dans ce but, il se dépêche de revenir dans sa chambre d’hôtel, la sienne, la vraie, et non dans celle qu’il a exceptionnellement prise pour s’envoyer en l’air avec son amourette de lycée, afin d’envoyer un mail à sa tendre.

Coucou, mon cœur,

Je ne sais pas comment.

Tu dois te demander pourquoi.

Étant trop occupé pour appeler ce soir, je préfère t’envoyer un mail.

Tu me manques mon bébé !

Ça va à la maison ?  Tout va bien ?

Mon téléphone est en rade, voilà les raisons de ce mail.

Oui, il a un mal fou à démarrer son message.  Sa touche « effacer » chauffe et sa patience s’use avec elle.  Agacé, il se lance soudain et ne s’arrête plus :

J’ai fait une énorme bêtise et j’ignore comment te l’avouer en face.  Je préfère me servir d’un mail pour pouvoir tout te dire d’un coup, sans qu’on ne s’interrompe mutuellement pour s’engueuler, car c’est forcément ce que tu voudras faire lorsque tu sauras.  Je pourrais bien entendu tout garder pour moi et me dire que tu ne l’apprendras jamais, que tout ira bien, parce que je ne recommencerai plus, pour qu’on continue de vivre peinards.  Qu’est-ce qu’un petit mensonge à la con après tout ?  On serait pas le premier couple qui se ment, ahah, mais ouais non je ne peux pas faire ça.  Si on doit en finir, autant que cela soit fait paf paf !!! Soyons honnêtes l’un envers l’autre. Ce n’est bien sûr pas ce que je veux. Tu le sais, à quel point je t’aime, non ?  Oui, tu le sais…  Tu es toute ma vie et les enfants aussi.  Pourtant, j’ai couché avec Paula.  Je ne vais pas te mentir en te disant un tas de trucs clichés comme quoi, j’ignore comment c’est arrivé, elle m’a chauffé puis violé.  Je n’y suis pour rien et blablabla, car je sais très bien ce qu’il s’est passé.  Je l’ai revue, j’ai eu envie.  Je sais même pas pourquoi.  Après, ce que je ne comprends pas, c’est que c’est toi la femme de ma vie, c’est toi que j’aime, c’est toi que je ne veux pas perdre.  Je ne veux strictement rien de plus avec Pao’.  Mais pourtant, j’ai fait cette connerie.  Je l’ai invité à manger une pizza, et nous sommes ensuite allés à l’hôtel.  J’ignore ce qu’il m’a pris.  Enfin si, je le sais, j’ai eu envie, je l’ai fait, mais j’ignore pourquoi.  Mais je te le dis quand même, maladroitement et d’une traite : je ne me relis pas, je me demande si je suis compréhensible, et j’ai déjà peur de ce que tu commences à penser de moi.  Je dirais que tu as envie de rompre, et tu aurais raison de vouloir divorcer, cela serait ton droit.  Puis-je dire ce que je veux, moi ? Non, je n’en ai pas le droit, après avoir eu un tel comportement, je n’ai le droit que de fermer ma gueule, mais tant pis, je vais oser le faire, et te rappeler à quel point je peux t’aimer, mon bébé… Quoique tu décides pour nous, souviens-toi de cela.  Parce que je suis réellement désolé… Je me sens tellement mal, tu sais.  De me dire que tu ne me pardonneras pas. Je ne comprends pas, je te le jure, je ne comprends pas, car c’est toi que j’aime, la plus belle et parfaite à mes yeux, la seule et unique que je voudrais toujours, mais pourtant, cela est arrivé.  Que va-t-il advenir de nous, désormais… ?  Que vas-tu décider ?  Tu ne voudras plus jamais de moi, hein.  À mon retour, tu me feras signer des papiers de divorce et tu ne voudras plus jamais entendre parler de moi.  On se disputera les enfants, notre famille explosera, blabla, j’ai tout gâché.  J’ai commis l’irréparable, et je ne sais même pas pourquoi…  PUTAIN !! Mais je t’aime pourtant tellement, je ne devrais pas t’envoyer un tel mail, je devrais tout garder pour moi, tu ne saurais alors jamais ce que j’ai fait, et tout irait biennnnn !  Mais non, tout n’ira jamais bien, parce que tu mérites de savoir, et je t’aime beaucoup trop pour te faire l’affront de te cacher tout ça. Ton mari est une merde !  Alors j’envoie ce mail !!! Mais je t’en prie, souviens-toi que c’est toi que j’aime, et que rien n’était prémédité !!! Aïsha, c’est toi que j’aime et c’est toi que j’aimerais toujours…

L’écrivain de mails à rallonge clique sur « envoyer » sans rien ajouter de plus, le visage blanc comme un linge, l’estomac plus noué que jamais.  Amorphe, pétrifié par ce qu’il a tenté alors qu’il n’en était absolument pas obligé, il s’allonge sur son lit pour rester à fixer bêtement le plafond.

Pourquoi a-t-il envoyé ce maudit message ?  Son mariage ne se relèvera jamais de sa connerie !

Il ne s’est jamais autant détesté qu’aujourd’hui.  Abruti d’avoir trahi la personne qui comptait le plus à ses yeux, demeuré d’être ensuite allé confesser niaisement son crime…

~ 348 ~

Temps de lecture : 3 minutes

 

*

Ayant terminé sa journée à Universal Music pour la journée, Amy s’apprête à quitter les lieux avec dans l’idée de filer voir Joakim à l’hôpital.  Sa meilleure amie lui en a en effet appris la tragédie, ainsi que la vérité sur sa personne…  Un génie ?  Les yeux de la blondinette en pétillent d’admiration et son cœur cogne ardemment dans sa poitrine alors qu’un large sourire étire son visage.

Son manager s’en rend immédiatement compte et lui demande avec suspicion :

— Que penses-tu faire vis-à-vis de Joakim ?

— Je… bégaye en rougissant Amy, avant de reprendre avec plus d’assurance.  Je pensais aller le soutenir à l’hôpital. 

— C’est une très mauvaise idée de se servir d’un tel drame pour se rapprocher de lui.

— Je veux juste le soutenir, rien de plus.  Nous sommes amis, aujourd’hui, marmonne Amy, frustrée de se faire ainsi rappeler à l’ordre.

— Non Amy, tu ne veux pas le soutenir, tu veux te servir de tout ça pour te rapprocher de lui, tu veux profiter que sa petite amie soit en colère contre lui pour t’afficher devant lui comme celle « qui est mieux qu’elle », tu ne cherches qu’à rejouer le rôle de l’amante transie qui attend derrière lui, et cette fois encore tu te casseras les dents, ne t’a-t-il donc pas assez fait souffrir comme cela ? C’est dingue, ce masochisme, tout ça parce que tu ne peux pas laisser ce jeune homme tracer son propre chemin sans toi.

— Mais nous sommes restés amis !!  Et puis de toute manière, tu n’as pas à donner ton avis sur mes faits et gestes, tu n’es que mon manager ! De quel droit tu te permets de juger mes amitiés, voire mon comportement ?!  Sérieux, tu te prends pour qui…  Il vaut mieux qu’on arrête là notre collaboration, ciao, bon débarras !  termine Amy, cinglante et froide, avant de quitter les lieux et alors que son interlocuteur ne lui répond rien de plus.

Elle vient de baisser dans son estime, lui qui la pensait plus courageuse que pimbêche réalise qu’au fond, ses belles paroles n’étaient que du vent et sa vie entièrement dédiée à un gamin qui ne la voit même pas exister…

Minayaverse

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