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L’Améthyste (ツ)

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Temps de lecture : 5 minutes

 

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I Speak Life Donald Lawrence
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♪ I Speak Life – Donald Lawrence ♪

 

Au même moment, Joakim traine dans la chambre de son cadet encore alité. Cela l’angoisse terriblement.

Il n’ose pas imaginer ce que serait une vie sans lui… Et chaque fois que son regard croise le sien, toujours pétillant et empli d’affection, il a l’impression que c’est la dernière fois…

Très perspicace dès qu’il s’agissait de son aîné, Alarich réalise l’inquiétude qu’il dissimule sous sa fausse bonne humeur et il n’attend alors pas pour lui faire, avec une franche sincérité,

— -as -alade ! -est -apa, -eut -as me lèves !

I speak life, you’re gonna live, oh my brother // Je parle de vie…  Tu vas vivre, oh mon frère…

— Oui, il s’inquiète pour toi, confirme Joakim avec sérieux. Mais, il a tort, n’est-ce pas ? parce que tu ne nous abandonneras jamais, hein ?

— Ah –on !

— J’ai vraiment besoin de toi, Alarich. Il faut pas que tu me laisses…

I speak life, you are the head and not the tail, you will prevail // Je parle de vie… Tu es quelque chose de grand, et non un simple truc qu’on peut emporter…

— -emble -ou -oujours !

— Oui, et je te fais confiance, parce que je ne veux pas d’une vie sans toi, Alarich. Je ne saurais pas… balbutie maladroitement Joakim en frottant énergiquement les cheveux de son cadet. J’ai besoin de toi, tu sais, je…

I speak life, don’t give up the fight for your life, you shall live and not die // // Je parle de vie…  N’abandonne pas le combat pour ta vie, tu dois vivre et ne pas mourir…

— Joakim ? ? Je peux te parler, un instant ? fait Raphaël en pénétrant dans la chambre après avoir toqué une fois à la porte,

— Tu ne vois pas qu’on est occupés… ? grince froidement Joakim à destination de son père.

— Tu ne m’en veux pas Alouche ? Je peux te l’emprunter cinq minutes ? demande le père de famille à son benjamin.

Alarich sourit chaleureusement en pivotant sa tête de droite à gauche pour réponse et Joakim se relève de son lit, l’air bougon, pour s’isoler avec leur père à l’extérieur de la pièce.

— Je ne sais pas comment te dire ça… mais… commence Raphaël en se raclant la gorge.

— Ne dis rien dans ce cas, on gagnera du temps.

— Ça serait une erreur de le faire, car je ne veux pas que tu continues de t’imaginer quelque chose de faux.

— Hein ?? se refroidit un peu plus Joakim. Qu’est-ce que tu vas me sortir encore ?!

Que la décision d’avoir plusieurs enfants a été prise alors que ta mère était encore enceinte de toi car nous tenions absolument à avoir au moins un garçon et une fille, au minimum ! Et sincèrement, Joakim, nous n’avons jamais regretté de vous avoir eus, tous les trois, vous êtes ce que l’on a de plus beau au monde.

— Pourquoi ce discours ridicule ? Qu’est-ce que Grahams t’a dit… grince Joakim en serrant les dents.

— Ne le blâme pas et je refuse que tu t’imagines que le fait que tu sois en bonne santé a pu nous inciter à avoir plusieurs enfants. Nous avions décidé dès le début d’avoir une famille nombreuse et nous n’allions pas brider ce rêve par paranoïa…

– Ça suffit. Tu es pathétique. Comment peux-tu oser me dire toutes ces conneries en me regardant droit dans les yeux ? Parce que tu sais très bien que si j’avais été trisomique, toi et maman n’auriez jamais d’autres enfants après moi ! Admets-le, au moins !

— Es-tu dans nos tête pour pouvoir affirmer cela ? Je suis désolé Joakim, tu as beau être très intelligent, mais au niveau des sentiments humains tu as encore de grosses lacunes, parce que je peux t’assurer qu’avec ta mère, nous nous aimions comme des fous et nous voulions absolument avoir deux enfants au minimum, et ce peut importe l’état de santé du premier !

— Conneries…

— Va parler à ta mère, si rien qui sort de ma bouche ne trouve crédibilité à tes yeux ! Je veux que tu arrêtes de t’approprier des fautes qui ne sont pas les tiennes ! Ton existence n’a été que bénéfique ! Nous avons voulu les jumeaux et je les désirais autant que ta mère !

— C’est justement ça le problème, tu pouvais prendre une décision, celle de…

— C’est ce que j’ai fait ! Celle d’avoir d’autres enfants !

— Celle d’être niais, égoïste et naïf, alors que tu prenais des risques.

— Oh, pardonne-moi d’avoir un cœur et d’être sensible, bien sûr, dans le monde de Joakim c’est interdit ! Je ne devais réfléchir qu’avec pragmatisme et être infaillible, c’est bien connu !

— C’est bon, tu as fini ? Je peux retourner à côté ?

— Nous voulions plusieurs enfants et on en a été très heureux. Va dire à Erika qu’elle n’aurait jamais dû naître, dis-le aussi à Alarich que tu aimes tant ! Bordel. À t’entendre, je pourrais croire que tu n’as pas de cœur, mais maintenant je sais que c’est faux, tu en as un immense, mais il fonctionne juste trop maladroitement pour que tu puisses comprendre quoique ce soit de ce qui t’entoure…

— Si j’avais été trisomique, vous n’auriez jamais eu d’autres enfants. Admets-le au moins, espèce d’hypocrite.

— Si ! Je te jure que si ! Je te répète que l’on voulait une famille nombreuse !

— Je retourne avec Alarich. Ton hypocrisie me fait gerber.

— Eh bien, vomis sur ta bêtise, que veux-tu que je te dise ! Ta naissance a été, est toujours, une bénédiction, comme celle des jumeaux, point barre ! Vous êtes tous les trois nos merveilles !

 Joakim s’éclipse avant la fin de la réplique. Il en a assez entendu et en veut terriblement à son psy, qui va payer cher sa traîtrise.

 

Désabusé, blessé, Raphaël part s’allonger dans sa chambre.

Ses pensées et souvenirs s’entrechoquent dans son esprit alors qu’il se remémore avec douleur que découvrir au cours de la deuxième grossesse de sa femme que l’un de ses jumeaux serait atteint de trisomie 21 a été un coup dur pour eux… Serait-il alors possible que son fils aîné ait totalement raison lorsqu’il les traite d’égoïstes parce qu’ils n’ont pas su s’arrêter après lui ? Raphaël commence à le craindre dans un moment de lucidité.

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Temps de lecture : 3 minutes

 

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Maman Franck Cotty
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♪ Maman – Franck Cotty ♪

Deux jours plus tard, devant l’enceinte d’un hôpital californien, Amy n’arrive plus à mettre un pied devant l’autre pour quitter les lieux.  Elle reste immobile, tremblante, pour pleurer silencieusement celle qu’elle vient de perdre aujourd’hui, il y a environ vingt minutes…

Elle était encore chez elle lorsqu’elle a reçu l’appel qui la prévenait que sa génitrice était ramenée en urgence au bloc opératoire et que la situation semblait critique.  Sans réfléchir, Amy a couru sur place comme une folle, terrifiée à l’idée que le drame se produise.

Le pire dans l’histoire, pour la jeune fille à bout nerveusement, c’est de ne pas avoir revu sa génitrice depuis son hospitalisation.  Elle n’en a jamais eu le courage, même le jour de l’agression verbale de Joakim où ses pas se sont arrêtés à quelques mètres de la chambre de sa mère.

Toujours là quand il faut…  Et même quand il faut pas.
Ou même tous ses défauts… Sont qualités pour moi.
Elle sait quand je vais bien ! Ou même quand je ne vais pas.
Elle me tendra la main ! Pour fuir mes faux pas

Dans ses moments de rage et de colère, Amy l’a souvent souhaitée morte, cette génitrice qui l’énervait tant en refusant de la voir exister auprès d’elle.  Pourtant, aujourd’hui, son cœur se brise alors que le ciel a fini par l’exaucer.  Elle hurle de cet affreux coup bas du destin ! Comment cet idiot a-t-il pu la croire sérieuse sans ses requêtes ?!  Elle mentait ! Elle retirait tout !  Elle ne le voulait pas, non !

Elle a confiance en moi, me guide là où je vais.
Sait s’effacer parfois, pour ne pas m’encombrer.
Elle dira à tout l’monde qu’elle est si fière de moi.
Elle qui, loin de ce monde, aura souffert pour moi.

Oui désormais, elle retire sa prière.  Elle retire toutes ses injures !  Elle reprend tout, sans exception, elle ne laisse pas le moindre reproche !  Ni la moindre critique ou blâme !!  Toutes ces affreuses paroles, elle ne les a jamais pensées avec sincérité, elle n’était jamais sérieuse lorsqu’elle condamnait, rabrouait, mentait, à l’époque, alors qu’elle criait qu’elle n’avait pas besoin d’elle !  Qu’elle voulait être enfin seule et débarrassée de son fardeau !  Qu’une vie de solitude était bien plus alléchante qu’une durant laquelle elle devrait la subir !  Car la réalité est tout autre !  Elle n’a besoin de personne sinon d’elle, et c’est en observant les lumières de la ville californienne, au loin, qu’elle le réalise réellement, tout en se sentant désormais si petite, vulnérable, et abandonnée dans ce monde immense qu’elle ne s’imagine pas pouvoir dompter sans celle qui lui a donné la vie.

Dans les plus grands jardins, ou même dans les champs
Du soir ou des matins, des automnes au printemps
Brillant de mille éclats, bien même en attendant
Aucune fleur ne sera plus belle que maman…

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Temps de lecture : 3 minutes

 

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Ces derniers temps, Shane Helms a été tellement distant avec son petit ami Kristofer que celui-ci, trop blessé par la situation, a fini par lui imposer un ultimatum : une soirée en tête-à-tête rien qu’avec lui, ou une rupture immédiate.

Stressé à l’idée de le perdre, Shane a donc accepté ce moment imposé avant de se rendre au plus vite chez son homme.

Les efforts réels fournis par les deux amoureux, pour s’entendre et passer une nuit inoubliable, ne les ont pas empêchés de se prendre le bec pour une broutille, même pas deux heures après l’arrivée du jeune blond dans la maison de sa moitié.

Lassé et à bout, Shane remet donc sur le tapis l’idée de la rupture définitive, mais cette fois, c’est au tour de Kristofer de paniquer en la refusant.

Une dispute, ce n’est rien !  Il n’y a pas mort d’homme !  Ils ont qu’à continuer leur nuit en faisant abstraction de cette petite et ridicule crise de jalousie !  

Shane n’est pas de cet avis.  La possessivité de son compagnon n’est pas la cause réelle de leurs problèmes, puisqu’elle est au contraire ce pour quoi il est resté si longtemps avec son petit ami…  Il trouve ce défaut adorable.

Kristofer ne comprend alors plus son premier et grand amour.  Que lui reproche-t-il donc, si ce n’est pas son côté jaloux et possessif ?

C’est alors que Shane ouvre son sac pour exprimer son agacement face au fait que son petit ami n’est amoureux que de lui, mais également de Joakim Bauer.

Kristofer rougit et croit s’étouffer, tout en niant cette accusation infondée et folle !  Mais Shane persiste. Il le sait depuis le début et c’est pour cette raison qu’il a toujours refusé tout engagement réel et sérieux avec lui.  Kristofer Varels est fou de deux hommes aujourd’hui et Shane veut désormais tirer un trait sur lui.  Sous son air détaché et indifférent, il a les yeux humides alors qu’il soupire cela, mais il reste ferme dans sa décision.  Une rupture vaut mieux que partager sa place.  Il ne peut plus coucher avec lui en se souvenant de ses sentiments palpables pour un autre.  Kristofer pleure désormais, râlant que tout cela est faux et injuste !  Il n’éprouve qu’une amitié sincère pour Joakim et rien d’autre !

Ce n’est que lorsque son amour commence à tourner les talons pour s’en aller qu’il réalise la véracité de ses dires, le cœur désormais en miettes et le visage ravagé par les larmes.

Que va-t-il bien pouvoir devenir désormais ?  Fou amoureux de deux hommes avec qui il ne pourra jamais rien construire…  Fou de détresse, il attrape une bouteille de vodka et commence à la vider au goulot, jusqu’à devoir s’arrêter lui-même pour reprendre son souffle et s’effondrer sur son canapé, en larmes.

Il va pleurer ainsi pendant une demie-heure, avant que Joakim ne pénètre soudain chez lui, à la recherche d’une soirée pour se changer les idées.

— Hey, Joakim ! le salue Kristofer en arrivant vers lui.

Il titube en zigzag, complètement saoul, sa bouteille de vodka à la main, avant de reprendre :

— Tu sais quoi ? Tu vaaaas rire, je te le diiiis !

Minayaverse

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