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L’Améthyste (ツ)

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Temps de lecture : 3 minutes

 

*

 

Quelques heures plus tard, à une heure plutôt tardive, une nouvelle soirée bat son plein chez Kristofer.  Joakim y est, complètement saoul, assis par terre, adossé contre le canapé duquel il a glissé il y a quelques minutes.

Sa propre déchéance l’horrifierait s’il pouvait la constater dans un moment de sobriété, entre deux cuites qui lui permettent d’oublier ce qui l’entoure, et surtout l’état de son frère.  Être presque inconscient à toute heure du jour et de la nuit a au moins cet avantage : celui de n’avoir qu’à se soucier que du fait que son taux d’alcoolémie ne faiblisse pas !  Joakim boit donc presque sans interruption.

Il est actuellement presque inconscient.  Ses yeux s’ouvrent parfois, puis se referment, il comate, ne réalise plus vraiment où il est et pourquoi. 

Kristofer s’approcha doucement de lui, l’air inquiet.  Il est rare que son ami soit aussi saoul et l’affection qu’il lui porte le force à angoisser de plus en plus de le voir dans cet état, si fréquemment.

— Ça va ? Tu veux que je t’aide à monter dans ta chambre ?  Prononce-t-il avec sollicitude en s’asseyant à ses côtés.

Celui-ci ne lui répond rien, pas même un murmure.  Il semble dans un état second, sans doute endormi…

Kristofer le réalise puis tente une folie, tout en rougissant comme une adolescente en fleur.

Avec discrétion et délicatesse, il se rapproche de son ami assoupi pour lui voler tendrement un doux baiser, avant de se laisser aller à un peu plus de lubricité : sensuellement, il lui lèche l’intérieur de la bouche…  Il meurt d’envie de l’embrasser, d’un long baiser partagé… L’idée l’excite terriblement.

Fou de désir pour celui qui lui est d’ordinaire inaccessible, il n’attend pas une minute de plus pour commencer à lui caresser délicatement le torse à travers sa chemise entrouverte.  Son entrejambe désormais en feu le supplie d’accélérer la cadence en laissant apparaître une bosse à l’endroit.  Il n’en peut plus…  Il l’aime plus que tout. Si seulement… Si seulement ils ne pouvaient faire qu’un ce soir…

Son excitation est à son paroxysme, il n’en peut plus, une larme roule le long de sa joue alors qu’il réalise avec douleur ses agissements.  En panique, il lâche le visage de celui qu’il aime tant, tout en s’essuyant les yeux de ses mains tremblantes.  Il le respecte bien trop, cet ami, cet amour, pour tenter quoique ce soit d’autre et son cœur tambourine désormais dans sa poitrine, tout en le faisant souffrir de plus en plus à chaque nouveau battement.

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Temps de lecture : 3 minutes

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Le lendemain, en début de soirée, Trisha craque et se précipite chez Kristofer sans prévenir, avec angoisse, stressée à l’idée de ce qu’elle pourrait trouver sur place.  Elle veut comprendre pourquoi elle ne voit plus son homme, pourquoi il la fuit et pourquoi il a disparu des vies de son entourage tout entier.

L’estomac noué, elle craint de s’apercevoir que ses craintes sont réalité, que son petit ami a finalement cédé à la tentation et est retourné trainer auprès de celui qui ne lui a jamais rien apporté de bon et de bénéfique.

Son cœur se serre alors qu’elle réalise que la moto de son compagnon est garée devant la maison du gérant des hôtels Peninsula.  Cette vision la dégoûte, l’énerve et la déçoit.  Frustrée et désireuse d’en découvrir plus, elle pénètre dans la demeure Varels sans même sonner à la porte.  Lors de ces soirées de dégénérés, l’entrée n’est jamais verrouillée et ce soir, Trisha n’a pas envie d’être polie.  Elle veut juste retrouver son petit ami…

…afin de lui hurler dessus sa déception, mais lorsqu’elle le constate affalé dans un canapé, à moitié inconscient, son air cadavérique lui fend le cœur et lui ôte toute envie de le détester.


Elle meurt d’inquiétude et se précipite vers lui afin de le secouer, de lui caresser les cheveux, tout en l’appelant chaleureusement, tendrement, telle une louve qui récupère son louveteau perdu au milieu des bois.

— Joakim… ?  Mon cœur… Réponds-moi…  balbutie-t-elle d’une traite et sans réaliser le surnom qu’elle vient d’utiliser.

Elle rougit sitôt dès qu’elle s’en aperçoit : c’est la première fois de sa vie qu’elle emploie un mot aussi fort pour un petit ami.

Les deux amants sont isolés dans un recoin du salon, non loin des autres convives qui dansent énergiquement et boivent comme s’ils revenaient d’une traversée dans le désert.  Toutefois, tout le monde ici est tellement éméché et sous l’emprise de substances que personne ne remarque la présence de la jeune fille.

Malgré ses nombreux appels, Joakim met un moment avant de réaliser l’identité de la tête rousse qui braille près de son visage et, lorsque qu’il y arrive enfin, il la pousse brutalement en arrière en lui ordonnant de dégager d’ici.

Il meurt de honte de se retrouver dans un tel état devant elle et la déteste d’être venue assister à cette scène.


Jetée à la porte de la demeure, rejetée et humiliée publiquement, Trisha se retient de fondre en larmes et sort son téléphone portable pour appeler chez les Bauer.  Si son petit ami veut jouer… La partie ne fait que commencer, car elle refuse de le laisser dans une antre aussi malfamée que la maison Varels.

— Allô ? répond Erika en décrochant le téléphone du salon,


— Bonjour, est-ce que je pourrais parler à Raphaël Bauer ?  Renvoie Trisha sans attendre alors qu’elle reconnait la voix de son interlocutrice.

— Ne quitte pas, soupire Erika en haussant les épaules, car elle a reconnu son interlocutrice.

Elle court prévenir son père qu’une communication l’attend, avant de foncer dans sa chambre pour finir de préparer son sac.  Elle a une soirée pyjama chez Riley, ce soir !

Raphael colle le combiné du téléphone contre son oreille peu après.  Trisha n’attend pas pour lui donner l’adresse où il peut trouver son fils, qui a quelques soucis et qui a besoin d’aide en urgence.

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Temps de lecture : 4 minutes

 

*

 

Raphaël n’a mis que quinze minutes pour rappliquer à l’endroit indiqué, comme si sa propre vie en dépendait.

Ni une ni deux, il gare sa voiture devant la villa où l’attend sagement Trisha, tout en se demandant qui peut bien vivre ici et pourquoi la petite amie de son fils lui a indiqué pareille adresse pour les retrouver, tous les deux.

Il ne réfléchit pas plus longtemps sur le sujet et se précipite à l’intérieur de la demeure, aux côtés de la rouquine.

— Joakim ! ?! appelle-t-il soudain avec horreur, dès qu’il aperçoit son fils couché de tout son long sur le même canapé duquel Trisha n’avait pas su l’en décrocher.

Devant cette vision, le père de famille se sent partagé entre divers sentiments complètement opposés : une rage infinie ainsi qu’une détresse douloureuse de constater son enfant dans un état pareil, dans un endroit aussi douteux, entouré de jeunes sans éducation.  Son désespoir est palpable alors qu’il réalise que celui dont il a toujours été si fier se trouve parmi ces dépravés répugnants !!

Sans attendre, il se précipite sur sa progéniture pour l’attraper et le mettre sur son épaule afin de porter son crétin de gosse, idiot, inconscient et immature.


Accomplissant sa tâche, il jette des regards haineux en direction de Kristofer ou de quiconque les observe, lui et Trisha.

Le père de famille suffoque en bravant la fumée nauséabonde qui flotte partout et provient d’un mélange de joints, de cigarettes et de cigares.  Son fils semble profondément endormi mais il ne perd rien pour attendre, ce sacripan.

 

Abasourdi par la scène cocasse d’un père qui vient chercher son fils pour repartir en le portant sur l’épaule tel un sac de pommes de terre, Kristofer regarde la scène qui se poursuit à l’extérieur.  Il y voit Raphaël jeter son fils sur la banquette arrière de sa voiture, toujours furieux.  Cet abruti de gosse peut bénir la présence de sa petite amie qui se précipite s’asseoir à ses côtés pour le tenir tendrement dans ses bras, car sans cela, il se serait fait réveiller par une gifle terrible qui aurait eu au moins l’effet de lui remettre les idées en place !

— Attendez-moi un instant, je reviens !  demande Trisha en ressortant de la voiture pour revenir avec hâte vers l’entrée de la maison.

Elle a remarqué la présence de Kristofer à travers une fenêtre et veut lui cracher quelque chose avant de partir :


— Toi là, sombre fils de pute, je peux t’assurer que cette nuit est la dernière que tu passes avec Joakim.

— Tu es vraiment trop conne, renvoie Kristofer, acide, nullement heurté par l’insulte. En faisant venir son père ici, tu lui as juste donné une bonne raison de te dégager.  Il était temps, tu me diras.

— Peut-être, mais après ça, je peux t’assurer qu’il ne pourra plus jamais remettre un pied ici, auprès de toi.

— C’était donc ça, au fond ? Tu étais prête à risquer ta relation avec lui, pour ruiner la nôtre ?


— Si c’est ce qu’il faut pour l’éloigner de toi, alors j’ai gagné, Kris. Parce que moi, contrairement à toi, je l’aime ! Aimer, c’est vouloir le meilleur pour l’autre. Mais connaissant ta vie et tes relations, je ne pense pas que tu connaisses la définition de ce mot… As-tu déjà éprouvé de réels sentiments pour quelqu’un ? Je suis certaine que non. Tu es bien trop égoïste et centré sur ton propre bien-être pour pouvoir penser à un autre être humain que toi.

— Espèce de…

— Sur ce, au revoir, l’interrompt Trisha en détalant dès qu’elle entend Raphaël klaxonner à l’extérieur.

— Je vais te détruire, sale pute… sur ma vie, Joakim ou pas, tu es déjà morte…

Minayaverse

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