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Maman Franck Cotty
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♪ Maman – Franck Cotty ♪

Deux jours plus tard, devant l’enceinte d’un hôpital californien, Amy n’arrive plus à mettre un pied devant l’autre pour quitter les lieux.  Elle reste immobile, tremblante, pour pleurer silencieusement celle qu’elle vient de perdre aujourd’hui, il y a environ vingt minutes…

Elle était encore chez elle lorsqu’elle a reçu l’appel qui la prévenait que sa génitrice était ramenée en urgence au bloc opératoire et que la situation semblait critique.  Sans réfléchir, Amy a couru sur place comme une folle, terrifiée à l’idée que le drame se produise.

Le pire dans l’histoire, pour la jeune fille à bout nerveusement, c’est de ne pas avoir revu sa génitrice depuis son hospitalisation.  Elle n’en a jamais eu le courage, même le jour de l’agression verbale de Joakim où ses pas se sont arrêtés à quelques mètres de la chambre de sa mère.

Toujours là quand il faut…  Et même quand il faut pas.
Ou même tous ses défauts… Sont qualités pour moi.
Elle sait quand je vais bien ! Ou même quand je ne vais pas.
Elle me tendra la main ! Pour fuir mes faux pas

Dans ses moments de rage et de colère, Amy l’a souvent souhaitée morte, cette génitrice qui l’énervait tant en refusant de la voir exister auprès d’elle.  Pourtant, aujourd’hui, son cœur se brise alors que le ciel a fini par l’exaucer.  Elle hurle de cet affreux coup bas du destin ! Comment cet idiot a-t-il pu la croire sérieuse sans ses requêtes ?!  Elle mentait ! Elle retirait tout !  Elle ne le voulait pas, non !

Elle a confiance en moi, me guide là où je vais.
Sait s’effacer parfois, pour ne pas m’encombrer.
Elle dira à tout l’monde qu’elle est si fière de moi.
Elle qui, loin de ce monde, aura souffert pour moi.

Oui désormais, elle retire sa prière.  Elle retire toutes ses injures !  Elle reprend tout, sans exception, elle ne laisse pas le moindre reproche !  Ni la moindre critique ou blâme !!  Toutes ces affreuses paroles, elle ne les a jamais pensées avec sincérité, elle n’était jamais sérieuse lorsqu’elle condamnait, rabrouait, mentait, à l’époque, alors qu’elle criait qu’elle n’avait pas besoin d’elle !  Qu’elle voulait être enfin seule et débarrassée de son fardeau !  Qu’une vie de solitude était bien plus alléchante qu’une durant laquelle elle devrait la subir !  Car la réalité est tout autre !  Elle n’a besoin de personne sinon d’elle, et c’est en observant les lumières de la ville californienne, au loin, qu’elle le réalise réellement, tout en se sentant désormais si petite, vulnérable, et abandonnée dans ce monde immense qu’elle ne s’imagine pas pouvoir dompter sans celle qui lui a donné la vie.

Dans les plus grands jardins, ou même dans les champs
Du soir ou des matins, des automnes au printemps
Brillant de mille éclats, bien même en attendant
Aucune fleur ne sera plus belle que maman…