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=== 8 juin, 11 h 40 ===
Peu après et tandis qu’une ambulance transporte Erika file vers l’hôpital le plus proche, la directrice des WatCha Say se dépêche de prévenir ses parents.
Le visage d’Eva blêmit dès qu’elle entend la nouvelle. Sur le coup, elle attrape nerveusement le bras de son époux pour ne pas défaillir. Cette accumulation de drames commence à être « too much » pour la mère de famille brisée. Raphaël se fige aussi dès qu’elle lui annonce qu’un autre de leurs enfants est actuellement en chemin pour cet hôpital où vient tout juste de mourir Alarich.
Le couple est blême et si chez Éva, cela ne se remarque pas vraiment à cause de sa peau très pâle, chez Raphaël, le visuel en devient cocasse. Le pauvre peut désormais postuler pour jouer dans une publicité pour le nouvel Omo. Il est rendu plus blanc que blanc, lavé avec frénésie par la vie et ses coups bas.
Destin. Enculé de destin. Avant de recevoir ce nouveau coup de massue, Raphaël et Éva s’apprêtaient justement à quitter l’hôpital, main dans la main pour s’encourager mutuellement et rester forts dans cette épreuve. Destin. Ce destin cruel qui les oblige désormais à attendre devant l’entrée des urgences l’arrivée de leur fille.
Que va-t-il bien pouvoir leur arriver par la suite ? Leur troisième enfant, l’aîné de la fratrie, se fera-t-il renverser par un poids lourd ? Les deux parents n’ont pas encore le temps d’y réfléchir que la sirène des ambulanciers retentit déjà au loin pour leur annoncer l’arrivée du véhicule qui ramène leur fille en urgence, peu après sa consécration ultime aux Nationales.
Destin. Enculé de destin…
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=== 8 juin, 15h 00 ===

Quelques heures de terreur et d’abattement plus tard, Raphaël revient chez lui, paniqué. Il cherche désespérément son fils aîné.

Avec tout ça, il l’a complètement oublié, mais il le retrouve très vite, toujours au même endroit, là où il l’a laissé, ce matin, dans la chambre d’Alarich.
♪ Don’t You Worry Child – Gavin Mickail ♪

There was a time I used to look into my father’s eyes//Il y avait un temps, où il me suffisait de regarder dans les yeux de mon père pour savoir que tout irait bien.

In a happy home, I was a king. I had a gold throne. //Dans cette maison heureuse, j’étais un roi, assis sur mon trône.

Those days are gone, now the memories are on the wall//Mais ces jours sont terminés et seuls les souvenirs restent.
I hear the sounds from the places where I was born. Je me souviens de tous ces endroits merveilleux où j’ai grandi.

I still remember how it all changed//Et je ne peux que réaliser à quel point tout ça a bien changé.

My father said… //Et mon père avait toujours pour habitude de dire…
Réalisant que son fils n’a pas bougé depuis qu’ils ont trouvé son frère inanimé, ici même, le cœur de Raphael vole en éclats. Sa détresse est palpable et il semble perdu, anéanti. Il ne l’a jamais vu ainsi et aurait souhaité ne jamais assister à ce spectacle…

Don’t you worry, don’t you worry child// Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète pas mon fils…
Oh, heaven’s got a plan for you! // Tout est justifié, tout fait partie d’un plan, tout ira bien !
Dans le but de le réconforter, il lui pose sa main gauche sur l’épaule pour lui apporter soutien, présence et réconfort.

Don’t you worry, don’t you worry now! Ne t’inquiète pas, ne t’inquiète plus !
Yeaaaaah!

— On va s’en sortir, mon fils, on va s’en sortir… Ça va aller. Ça ira toujours. Mais pour le moment, il faut que tu sois avec nous à l’hôpital, pour ta sœur…
Raphael tente de se montrer solide. Il ne doit pas s’effondrer, son fils est en chute libre, son rôle de père lui ordonne de le maintenir à la surface, de l’aider à se tenir droit. Il reprend, d’une voix chaleureuse :

— Il faut qu’on soit tous ensemble dans cette épreuve. L’état d’Erika semble critique. Les médecins ne comprennent pas, elle a fait un malaise aux Natio…

Joakim sursaute à ce moment-là. Il sort brusquement de sa léthargie. Son père vient de le tirer d’un état second, d’un terrible cauchemar qui semble continuer dans la réalité. Après son frère, voilà que sa sœur cherche à lui jouer un mauvais tour ?

Son visage se crispe, il blêmit à vue d’œil sans que son père ne prononce rien de plus. Au pas de course, il se précipite au rez-de-chaussée pour courir vers sa moto. Raphaël le suit à même allure en lui criant qu’ils vont se rendre à l’hôpital ensemble. « Je vais conduire ! » crie-t-il à sa progéniture. Pour rien au monde, il ne laissera son dernier enfant valide enfourcher un véhicule à deux roues dans pareil moment. L’esprit toujours embrumé, Joakim n’est pas en état de riposter contre les ordres de son paternel, qui court s’engouffrer dans la voiture familiale, côté passager. Le trajet se fait très vite, dans un silence de mort, sans mauvais jeux de mots. Vingt minutes plus tard, les deux Bauer pénètrent enfin dans la chambre d’Erika, qu’on vient de rapatrier en soins intensifs.















