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L’Améthyste (ツ)

~ 382 ~

Temps de lecture : 6 minutes

 

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Dont You Cry Kamelot
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♪ Don’t you cry – Kamelot ♪

Complètement saoul et maladroitement, Joakim se traine jusqu’à la tombe de son jeune frère qu’ils ont mis sous terre sans lui.  Il ne leur reproche pas de l’avoir fait, parce qu’il n’aurait pas souhaité assister à une cérémonie où on enterre son cadet.  Abattu, il se laisse tomber contre sa pierre tombale, le dos appuyé contre la stèle gravée.  À bout, il s’effondre.  En quelques heures, il a réussi à battre des records de malchance en perdant d’abord son cousin, puis son adorable rousse, le tout grâce à l’habile prestation de Kristofer.  Au seul souvenir de ce prénom, sa rage remonte en flèche et ses poings se serrent jusqu’à ce que ses jointures en deviennent douloureuses.  Dieu qu’il se maudit de ne pas avoir agi contre ce sous-etre, immédiatement après qu’il ait tenté de toucher à sa compagne…

Toute cette merde s’est passée trop vite, il a perdu pied.  « Tout a filé à une vitesse ! »  Une fois dans l’hôpital, il n’a plus vu le temps défiler et n’a plus rien anticipé ; et c’est bien cela qui l’a mis en danger, il en a conscience.  Il a tout perdu aujourd’hui parce qu’il a tourné le dos au plus important pendant un court moment.  Il n’a plus rien géré et ne s’est plus occupé de rien, pendant une toute petite période… 

Incapable !  Il aurait dû pouvoir affronter et gérer tout cela beaucoup mieux !  On le dit génie, mais il ne fait plus rien qui mérite le respect.  Les mots maîtrise et domination ne le qualifient plus car ils ont laissé la place aux termes imbécilité et impuissance.  Blasé, il se juge pathétique.  Il a tout perdu par sa propre faute.

Abattu, désespéré, il lève les yeux au ciel en souhaitant un orage.  Il râle contre le temps californien qui ne rincera pas ses yeux de nouveau humidifiés…

Little by little // Petit à petit
I’ve come to this point.  J’arrive à cette conclusion.
On my own I’ve been searching my way // Par moi-même, j’ai toujours tracé ma voie.
I lost you so early. //  Mais je t’ai perdu trop vite.
The days went so fast. // Les jours se sont trop vite enchaînés.
You don’t know how I prayed every day.  Tu ignores à quel point j’ai pu prier pour toi.

Un léger sourire s’affiche lentement sur son visage alors qu’il fixe le ciel.  au fond du trou et totalement impuissant face à ce qui lui arrive, il déglutit et s’adresse en pensée à son frère.

Il lui présente ses plus sincères excuses…

A song to remember // Une chanson pour se souvenir
A song to forget // Une chanson pour oublier
You’ll never know how I tried.  Tu ne sauras jamais à quel point j’ai pu essayer.
To make you proud // De te rendre fier
And to honor your name but // D’honorer ton nom
You never told me goodbye.  Mais tu ne m’as pas dit au revoir.

Il est tellement désolé de ne pas avoir réussi à empêcher son départ.  Le perdre reste l’une des pires choses qui pouvait lui arriver et, maintenant que cela est fait, tout le reste s’effondre aussi autour de lui.  Par sa faute à lui uniquement.  À quoi lui sert-il d’être un génie, s’il est incapable de changer ce genre de choses ?  À quoi bon avoir 180 de QI si, malgré cela, il ne peut pas sauver un ange ?

Il a bien entendu sauvé sa sœur, mais sachant qu’elle a ensuite décidé de ruiner son avenir tout entier, au travers de la décision la plus stupide qu’elle ait pu prendre jusqu’à aujourd’hui, peut-il dire que ses nombreux efforts ont servi à quelque chose… Aigri, il en grommelle un « pauvre idiote », avant de pousser un soupir languissant :

Que va-t-il bien pouvoir devenir…

Now that you are gone // Maintenant que tu es parti
Casting shadows from the past // Seules restent les ombres du passé
You and all the memories will last // De toi il ne reste que les souvenirs.

Que devient-on lorsque les seules choses que l’on possède ne sont plus que des souvenirs ?

Il le demande à son frère en fixant le ciel, les cieux.  Sans son cadet, Noah ainsi que sa rousse, il ne se voit plus avancer nulle part.

Il ne se voit pas redevenir celui qu’il était avant que Trisha ne change sa vie…

Don’t you cry // Ne pleure pas
Or suffer over me // Ou souffre au dessus de moi
I will be waiting for you. // Je t’attendrai.
Don’t you cry // Ne pleure pas
Angels never fade away // Les anges ne disparaissent jamais réellement.
I’ll be watching over you. // Je serai toujours là pour veiller sur toi.
See you through // T’observer de loin

La disparition de ses trois piliers va lui faire mal pendant un moment.  Sa respiration ne retrouvera plus un rythme régulier avant très longtemps, et ce temps-là, le possède-t-il ?  A-t-il seulement envie de tenter de vivre des journées sans ces êtres exceptionnels, d’avancer sans eux, de se créer un avenir sans leur présence… ?

Las. Il se sent vide. éteint

On se relève de tout, mais encore faut-il en avoir l’envie.

Now I’m a man and / Maintenant je suis un homme et
I’m feeling you still // Je continue de te sentir près de moi.
Could it be you were there all along // Comme si tu étais toujours là
A time to surrender, a time to forgive. Il est l’heure de baisser les armes, de pardonner.

Anéanti, il téléphone au dernier ami qui pourrait peut-être encore le regarder en face.  Il n’en est pas certain, cela dit.  Qui sait ce qui aurait pu se produire d’autre durant ces quatre jours qui ont apparemment été très mouvementés au sein de son entourage ?  Qui sait s’il n’a pas perdu Miguel aussi…

Alors que le téléphone du Drifterz mexicain sonne dans le vide, Joakim s’attend déjà à ce qu’il lui raccroche au nez.  Un de plus, un de moins…

 — Hey, salut Joakim ! Ça me fait plaisir de t’entendre, j’hésitais à t’appeler justement.  Ça va ?

— Je… en marmonne Joakim de surprise.

Il bafouille.  cherche ses mots.  Il a tant de choses à dire à son interlocuteur qu’il ne trouve finalement rien à prononcer.

Miguel réalise sa détresse et reprend, sur un ton chaleureux et amical :

— Tiens bon. Je suis avec toi.

— Miguel… J’ai reçu une proposition et j’ai besoin de ton avis.  soupire Joakim, l’air nullement convaincu, las, vaincu par la vie et ses embûches.  « Du MIT… Pour une formation à New York, pour sans doute bosser pour Argonne… »  Qu’est-ce que t’en dis…

— Accepte ! Fonce à New York, fuis toute cette merde !!  Va accomplir de grandes choses que seuls les gens comme toi peuvent faire !  Casse-toi !  Ne reste pas à stagner dans cette vie simple, tu vaux mieux que ça !

— Je ne sais pas encore, j’ai des choses à régler ici…

— Non ! Ne redeviens pas le Joakim qui se venge !

— Comment tu sais que…  s’interroge Joakim avec surprise.

— Je te connais, rit franchement Miguel.  Allez mon pote, prends le premier avion et saisis cette incroyable opportunité.

— Et toi… ?

— Je me démerderai. Tu en as assez fait comme ça pour moi et tu ne vas pas rester à stagner dans cette petite vie simple, tu es plus que ça.

— Merci, Miguel…

— Raccroche ce téléphone maintenant et va préparer ton départ !

~ 383 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

*

 

Tel un enfant sage, Joakim suit à la lettre les recommandations de son ami et rentre très vite chez lui pour remplir avec hâte un large sac à dos de quelques objets personnels dont il ne souhaite pas être séparé.  Les disques durs de son ordinateur fixe surtout… mais également d’autres babioles plus superficielles.

À voir Alucard grincer du bec tandis qu’il remplit nerveusement son bagage, on pourrait croire que son oiseau débile comprend qu’il ne le reverra plus avant un moment.  Affectueusement et sans un mot, Joakim lui caresse le haut du crâne du bout des doigts avant de filer hors de sa chambre pour détaler hors de chez lui. Son père n’est pas sur place et c’est une chance car il n’est pas en état de subir de longs au revoir ou embrassades désespérées, voire des crises de colère et de panique.  Il ignore comment son père réagira à une annonce de départ à New York et ne souhaite pas prendre la peine d’y songer, préférant mettre le concerné devant le fait accompli.  Il l’appellera dès son arrivée à Big Apple, et voilà.

Dans la vie, la seule façon de se relever, c’est d’avancer sans se retourner.

 

Une heure plus tard, il s’installe en salle d’embarquement après avoir acheté son billet et enregistré son sac à dos, apparemment trop lourd pour aller en cabine avec lui.

 

Quelques personnes l’entourent, mais il n’en regarde pas un seul.  Trop épuisé, physiquement et moralement, pour s’occuper en observant ce qui l’entoure, il reste impassible sur son siège, l’air vide.

Mais de quoi seront donc faits ses lendemains ?  A-t-il vraiment envie de le découvrir ?

Blasé, il commence à se demander si sa décision de s’envoler pour New York reste ce qu’il a de plus judicieux à faire aujourd’hui.

Le regard rempli de regrets et d’espoir, il jette un œil sur le cadran de son téléphone qui n’a jamais été aussi silencieux que ce soir.  Et dire qu’il n’y a pas si longtemps de ça, il devait snober la plupart de ses amis pour avoir un peu de solitude ; voilà que désormais, ces appels et discussions incessantes lui manquent terriblement…

— Joakim ?! Toi ici !

La tête blonde d’Amy le sort soudain de ses rêveries et il se relève sans attendre pour lui offrir une accolade afin de la saluer comme il se doit.  Elle semble en compagnie d’un homme d’un certain âge que Joakim découvre lors des présentations qu’elle fait juste après.  Il sourit et apprécie qu’elle ait embelli sa vie loin de lui.  Elle le mérite, la pauvre…

Se croisant tous les deux à l’aéroport de Los Angeles à une heure pareille, les deux vieux comparses n’ont pas besoin d’échanger sur les raisons qui les mènent ici pour les comprendre très vite.  Ils se contentent donc de s’asseoir sagement côte à côte pour patienter ensemble tout en se racontant mutuellement qu’ils partent ce soir pour… se consacrer à la musique en Utah, et rejoindre un centre de formation du MIT à New York.  Le reste ne compte plus. Le reste ne doit plus compter. Ils doivent oublier…

Jamais regarder en arrière, jamais…  Regarder en arrière.

Amy sourit légèrement.  Elle semble assez heureuse et moins rongée par sa rupture avec sa meilleure amie ainsi que par l’écroulement de son monde.  En effet, elle voit dans ce voyage une fuite salvatrice vers un avenir meilleur et sa relation amicale, voire familiale, avec son manager l’aide énormément.  À ses côtés, elle se sent plus résiliente et assurée.

Elle n’est plus seule et se raccroche à ça.

Joakim n’a plus cette présence-là pour l’aider à se relever.  Il l’a eue, il les a eues, mais il les a perdues ce soir…  Noah, Trisha.  Ces deux-là étaient ceux pour qui il aurait toujours su gravir des montagnes et traverser des vallées à cloche-pied. Son minois s’assombrit à nouveau et Amy le remarque, l’air inquiet.

— Est-ce que ça va ? Faudra qu’on s’écrive parfois quand même !  Penses-tu qu’on pourra rester en contact ?

— Bien sûr.

— Ouf alors !!  Quand tu seras célèbre, je viendrai te soutirer de l’argent en niaisant devant la presse, je dirai que j’ai eu une liaison avec le grand chercheur que tu es.  Grâce à toi, je serai riche !

Joakim laisse échapper un gloussement et Amy reprend presque aussitôt, l’air plus sérieux, cette fois :

— Nous ne sommes pas finis, Jo.  Ce n’est que le début.  Ils nous regretteront !  Je te jure qu’ils nous regretteront !

Elle termine sa phrase sur une intonation chantante, tout en se relevant de son siège pour se mettre à faire une interprétation personnelle de Cups, la chanson rendue célèbre par Anna Kendrick dans le film Pitch Perfect !

~ 384 ~ (Fin tome 1)

Temps de lecture : 4 minutes
CUPS Sam Tsui Cover
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♪ Cups – Sam Tsui ♪

I’ve got my ticket for the long way ’round // J’ai mon ticket pour un petit voyage.
Two bottles whiskey for the way // Deux bouteilles de whisky pour la route
And I sure would like some sweet company // Et je suis sure que tu voudrais un peu de compagnie !
And I’m leaving tomorrow.  What d’you say?  Je pars demain, qu’est-ce que t’en dis ?

L’air intrigué sur le coup, les vigiles de l’aéroport auraient bien envie d’aller enguirlander la demoiselle bruyante, mais à force de l’écouter, ils finissent par se prendre au jeu en chantonnant eux aussi les paroles de la chanson entraînante, tout en tapotant les mouvements de la chorégraphie sur le premier objet qui croise leurs regards !  Comme les trois quarts de la salle d’embarquement, d’ailleurs.

When I’m gone, when I’m gone // Quand je serai partie !
You’re gonna miss me when I’m gone // Je vais te manquer !
You’re gonna miss me by my hair // Vous allez regretter mes cheveux !

You’re gonna miss me everywhere, oh // Je te manquerai partout où tu iras, oh !
You’re gonna miss me when I’m gone //  Je te manquerai quand je serai partie !

When I’m gone, when I’m gone // Quand je serai partie !
You’re gonna miss me when I’m gone // Je vais te manquer !
You’re gonna miss me by my walk // Ma démarche te manquera !

You’re gonna miss me by my talk, oh //  Mes discussions te manqueront, oh !
You’re gonna miss me when I’m gone //  Je te manquerai quand je serai partie !

Incroyable.  En l’espace de quelques minutes, Amy réussit à coller diablement un sourire béat sur presque tous les vis ges des voyageurs et du personnel aux alentours. release. Richard apprécie de voir cela, désormais persuadé qu’il ne s’est pas trompé de poulain.  Il ira loin avec sa petite star !

Cette môme talentueuse a la musique dans la peau et sait la transmettre au monde ; et même à Joakim qui, à force qu’elle le pince amicalement, l’air suppliant, finit par la suivre sur quelques couplets…

Il vous tuera si vous osez répéter qu’il a chanté en public comme un neuneu ; ce sont ses propres mots, il sera impitoyable avec ceux qui osent cette folie !  Il a une image à tenir !

I’ve got my ticket for the long way ’round // J’ai mon ticket pour un petit voyage.
The one with the prettiest of views // Avec la place qui a la meilleure vue !

It’s got mountains, it’s got rivers // Il y a des montagnes et des rivières.
It’s got sights to give you shivers. Il y a des vues qui te filent des frissons !

But it sure would be prettier with you // Mais c’est sûr que tout ça aurait été plus beau avec toi (all).

~ En voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées.  [Hippolyte Taine]

~ Avancer vers l’inconnu est aussi terrifiant que jouissif. ~

~ L’herbe n’est jamais plus verte ailleurs, mais elle est toujours différente alors rien que pour ça, elle vaut le coup d’être découverte ! ~

 

 

~ This is the bend before the break. ~

• Fin du tome 1 •

~ This is the bad before the worse…  And the storm before the storm. ~

 


 

♦ Trailer/Teaser Tome 2 ♦

Minayaverse

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