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Le ciel couvert qui enveloppe actuellement Los Angeles fredonne, avec une ironie palpable, une mélodie amère destinée à ceux qui se targuaient de ne jamais subir de mauvais temps en Californie.

Eva Bauer ne fait pas partie de ceux-là, bien qu’elle ait toujours été une fervente admiratrice du soleil et de ses avantages. Néanmoins, le refus de dame Nature de lui accorder ses rayons aujourd’hui suscite en elle une angoisse croissante, qu’elle considère comme un présage funeste pour la tâche qu’elle se prépare à accomplir. En effet, nécessitant des vêtements propres, elle effectue parfois des visites discrètes à son domicile en fin de journée et en profite pour passer du temps avec Alarich. Elle espère à chaque fois croiser son époux ou son aîné au passage.
Ces deux-là semblent l’éviter avec une aversion manifeste depuis son installation chez les Mullers, mais Eva reste courageuse et choisit d’être patiente avec eux. Un jour, elle aura l’opportunité de croiser son époux, afin d’engager une conversation approfondie et sereine. Elle s’accroche à ce désir et souhaite qu’il se concrétise aujourd’hui, étant donné l’heure à laquelle elle arrive devant sa maison. Son époux est supposé être rentré à leur domicile après sa journée de travail et Eva songe qu’il devrait être seul. En effet, à cette heure-là, sa fille doit être à son cours de danse et son aîné ne rentre jamais avant 18 heures au plus tôt.
Elle a donc toutes les raisons d’y croire aujourd’hui, mais alors qu’elle descend les quelques marches pour retourner à la terrasse intérieure de la maison, elle remarque soudain à travers la grande fenêtre du salon une certaine chevelure rousse aux côtés de son mari…
Oh non. Jeyne Bauer est sur place et la chanteuse a envie de tout, sauf d’affronter son regard ! Elle s’en mord la lèvre inférieure de dépit.