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*

 

Quelques heures plus tard et au lieu de rejoindre Kristofer à l’une de ses fiestas endiablées, Joakim préfère consacrer sa soirée à sa petite amie, chez elle. Ils prévoient de rester ici, en amoureux. Maya étant de sortie, le couple aurait tort de se priver, mais alors que Trisha proposait l’idée à son homme, elle partait perdante à l’avance, bien consciente que ce genre de nuits cocooning n’était pas le fort de sa moitié… Mais une fois encore, il la contredisait en acceptant ce pour quoi il aurait pouffé de rire il y a quelques semaines.

Elle l’aime. Elle l’aime. Dieu, qu’elle l’aime ! ! Et alors que l’adorable chaton de la maison miaule pour son lait, pour que sa maitresse rousse se précipite dans la cuisine pour lui remplir une généreuse coupelle, Joakim reçoit une photo par message, sur son téléphone portable.

Il n’en revient pas.

Figé en plein milieu de la pièce, il détaille avec attention l’image qui représente Kristofer posant aux côtés de l’un de ses amis et d’Amy.

Joakim ne comprend pas les raisons de la présence de la blondinette chez son comparse. Le message contient une phrase. Quelques mots rieurs, amicaux :

« Tu sais pas ce que tu loupes, Jo’ !!! Ramène-toi !! Cette soirée est une tuerie !!! Allez, ramène-toi !!! On t’attend !!!!! »

La rage de Joakim monte en flèche alors qu’il réalise qu’Amy commence à trop empiéter sur son territoire. De quel droit se permet-elle donc de se rapprocher ainsi de Kristofer ? Il rage en silence, bien conscient que cette « folle » ne se lie pas à son ami pour leurs points communs ou parce qu’elle pourrait l’adorer d’une quelconque façon. Non, cette petite garce a forcément une idée derrière la tête et Joakim se sent déjà visé par d’éventuels plans machiavéliques. Il n’oublie pas qu’Amy l’égale presque en fourberie. Il doit donc très vite prendre les devants.

— Trisha ?

— Oui ?

— Il faut que je te parle de quelque chose. Je ne peux plus le garder pour moi.

 

*

 

Pendant ce temps, Kristofer et Amy desormais isolés sur la terrasse du premier du jeune homme, donnent raison au génie qui les connait mieux que quiconque.

En effet, ils complotent ici tels deux êtres du mal, mais Amy reste sceptique :

— Il ne viendra pas. Il est avec Trisha. Il ne voudra pas la laisser. C’est mort.

— Je sais, renvoie la Kristofer, presque blasé de la bêtise de son acolyte blonde.

« Cette idiote ne comprend vraiment rien à la manipulation morale… » songe t-il avec dépit.

— Pourquoi lui as-tu dit de venir alors ?

— À l’heure où on parle, Joakim est furieux et regrette déjà d’être resté avec sa rousse. Fais-moi confiance, cette conne ne va plus faire long feu. Joakim va vite réaliser qu’elle lui retire beaucoup trop et qu’à cause d’elle, il n’est plus maitre de rien. Tu sais que Joakim déteste cela ? Cela le rend fou. Ne plus rien contrôler le rend malade.

— Il aime Trisha, Kristofer. Il l’aime vraiment.

– Faux. Joakim ne tombe pas amoureux. Les relations avec les gens lui filent la gerbe ! Il s’occupe avec eux, c’est tout. Joakim n’est qu’un marionnettiste qui ne s’attache pas. Alors fais-moi confiance, on va les avoir à l’usure et la rousse va sauter. Ce que tu as vu ce soir, ce n’est que l’étape préliminaire de mon plan. On passera bientôt à la vitesse supérieure et je te prédis que dans moins de quinze jours, ils auront rompu.

— Arrête, Trisha l’aime vraiment, ça la détruirait, si…

— Et toi ? Leur histoire de merde ne te détruit pas ?

— Elle était la première… C’est à moi d’abdiquer et de m’effacer. Elle est ma meilleure amie.

— Justement, si tu l’aimes tant que ça, ta « meilleure amie », protège la. Elle mérite bien mieux qu’un type qui se fiche d’elle et qui joue avec ses sentiments, non ? 

— Je ne crois plus qu’il joue…

— Joakim ne fait que jouer. Le monde est son échiquier et nous sommes tous des pions qu’il manie comme bon lui semble. Certains plus que d’autres, et Trisha plus que tout le monde réuni.

Le cerveau lavé, rincé puis essoré par Kristofer, Amy commence à se souvenir de la cruauté de Joakim à son égard en réalisant que le jour où il fera subir la moitié de cela à sa rousse, celle-ci ne s’en relèvera pas. Et pour cause, elle n’est pas armée contre cela car ils ne sont absolument pas faits l’un pour l’autre et strictement tout les oppose…

— Tu as raison. Ils ont rien à foutre ensemble.

— Toi, par contre, tu lui ressembles, tu sais ! C’est sans doute ça qui l’effraie, il ne réalise pas à quel point vous êtes assortis.