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L’Améthyste (ツ)

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Temps de lecture : 3 minutes

 

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Molly Gray est toute excitée aujourd’hui, chez elle et alors qu’elle vient de finir de s’entrainer : la veille, sa mère lui a téléphoné pour la prévenir qu’elle arrivait à Los Angeles et qu’elle viendra la récupérer aujourd’hui pour qu’elles passent l’après-midi ensemble. 

La relation entre Samantha Collins et sa fille a toujours été fusionnelle.  La jeune fille a d’ailleurs difficilement accepté le divorce de ses parents et surtout, le fait de devoir rester avec son père, pour son bien, soi-disant…

Sa mère étant magicienne dans un cirque ambulant, elle ne se voyait pas traîner sa blondinette partout dans le pays, alors que celle-ci rêve d’un avenir consacré à la danse contemporaine.  La décision fut douloureuse, mais Samantha choisit ce qu’il y avait de mieux pour sa progéniture : elle devait rester avec son père, à Los Angeles.  Molly avait besoin de cela, de la vie stable que seul son géniteur pouvait lui offrir.

Quelques années après le divorce, Samantha s’est remariée avec l’un des dresseurs du cirque et elle mettait au monde deux adorables petits garçons, aussi blonds qu’elle.  Molly les adore, ses demi-frères, et jalouse parfois le fait de ne pas être avec eux à sillonner les routes américaines en famille.  Dès qu’elle les retrouve lors de leurs passages en Californie, elle est profondément heureuse et a la sensation d’être réellement à sa place.  Loin de son père bougon, de sa belle-mère stressée, ou encore de sa demi-sœur casse-pieds.

Alors que sa mère apparaît enfin à l’horizon, plus belle que jamais et sans une seule ride de plus, le visage de Molly s’illumine.  C’est sans se faire prier qu’elle se précipite dans ses bras, les yeux inondés de larmes de bonheur.

La femme qu’elle aime le plus au monde lui propose de l’emmener avec elle pour quelques jours, le temps de descendre dans le sud avec le cirque, avant de remonter toutes les deux à Los Angeles.

Molly exulte et accepte, rien ne pouvait lui faire plus plaisir que de rester quelques jours avec sa mère.

Luke Gray ne partagera pas sa joie.  Il n’est pas d’avis de laisser son bébé filer ainsi à l’approche des Nationales.  Sa fille est fantasque, alors qu’elle lui demande l’autorisation de partir quelques jours, dès son retour du boulot.  Comment a-t-elle pu songer à partir une semaine avec sa mère, à seulement quinze jours de la compétition la plus importante de l’année ?

Le visage dévasté par les larmes de sa fille ne lui fera pas changer d’avis.  Il est hors de question qu’elle quitte L.A. en ce moment et ce n’est pas en hurlant dans sa chambre qu’elle le déteste qu’elle changera quelque chose à sa décision.  Lorsqu’elle sera nominée aux Nationales, elle le remerciera pour la fermeté dont il fait preuve aujourd’hui…

 

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Quelques jours plus tard et alors que Joakim gare sa moto sur le parking du lycée, son téléphone vibre soudain dans le creux de sa poche. Un appel de Miguel, qu’il constate tres vite en larmes, a l’autre bout du fil…

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— On ne va jamais y arriver ! On est foutus ! grogne Erika comme un putois, stressée, à cran.

— Arrête d’être aussi négative, c’est agaçant ! lui renvoie Jonathan dans un soupir, lassé de sa mauvaise humeur.

— C’est toi l’agaçant ! râle encore Erika, énervée. Ma mère nous a dit que notre danse était nulle, j’aurais dû l’écouter ! J’ai honte de l’avoir présentée à la prof, qu’est-ce qu’on est nazes !

— Arrête de chouiner bordel, on a eu deux avis négatifs sur notre travail, mais on va rebondir, il ne nous reste plus beaucoup de temps avant les Nationales. On va tout reprendre du début et refaire la chorégraphie en entier.

— Tu as des idées au moins ? Sur quelle base repartir ? soupire Erika, sans conviction.

— Non, mais on va tout reprendre du début, alors motive-toi, il faut réussir à le faire pour ne pas être ridicule face à Molly et Kevin, on peut encore être le couple numéro un de l’école. Il faut y croire !

— Tu es trop naïf, tu m’énerves ! laisse échapper Erika, excédée. Molly et Kevin ont terminé leur chorégraphie, eux, et tu as bien vu qu’elle est presque parfaite… Ils sont tout simplement sublimes dessus. Non, c’est sûr maintenant, cette année, si on est premier dans quelque chose, ça ne sera que pour le titre des meilleurs bouffons !

— Ce n’est pas parce que la prof adore leur chorégraphie qu’ils seront premiers aux nationales. Nous n’avons pas encore dit notre dernier mot !

— Tu fais chier ! Moi j’ai peur de nous voir nous ridiculiser une fois de plus, ma mère nous a trouvés tellement nuls que j’ai peur qu’elle ait de nouveau honte de moi, mais aux nationales cette fois…

— On va mettre le paquet. Allez, au boulot, lance la chanson ! On va retravailler chaque couplet ainsi que leur interprétation.

— Ok…    Allons-y. On a une image à tenir après tout ! On ne peut pas se permettre d’être nuls !!! réplique Erika avec plus d’énergie, les sourcils froncés pour affirmer son assurance afin de se forcer à rester motivée.

Elle ne veut plus décevoir sa mère et fera le maximum pour que ses yeux brillent de nouveau lorsqu’elle la regarde danser. Elle et Jonathan sublimeront « Apologize » et les planches des Nationales se souviendront de leurs noms ! Foi de Bauer !

 

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 Pendant ce temps, entre les murs de l’agence Click Models…

Profitant d’une pause-café entre deux séances photos, Clara prend Trisha à part pour discuter de quelque chose qui l’intrigue. Elle reste sceptique vis-à-vis du comportement d’Amy Wills, qu’elle a découvert il y a peu, et donne un avis personnel sur la concernée…

Trisha se dépêche de la contredire. sa meilleure amie n’est pas fausse, loin de là ! Elle est l’intégrité incarnée et elle ne tolérera plus que l’on salisse ainsi son image en sa présence ! Son visage crispé alors qu’elle grogne force Clara à changer de sujet, honteuse de s’être ainsi fait réprimander alors que ses intentions étaient franches. Elle s’excuse tout de même avec sincérité pour son attitude, mais garde son opinion sur Amy Wills, qui n’est pas claire lorsqu’elle ramène sans arrêt le nom de « Joakim Bauer » sur le tapis, avec des termes qui ne reflètent que l’aigreur, la jalousie ou encore l’envie. Clara trouve cela malsain.

Minayaverse

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