
Sur ces mots, il ouvre la chambre de son cadet et Trisha découvre le dernier Bauer de la fratrie qu’elle n’a encore jamais vu en chair et en os. Son cœur se serre de le voir alité, pâle, sûrement malade. Il se dépêche d’agripper son frère dès que celui-ci vient s’asseoir à ses côtés, sur son lit.

Le regard empli de tendresse, il sourit à la rouquine en face de lui :

– Jour’, -risha !! Je -ais ! -est -a -chérie !
— Hey ! réplique rapidement Joakim, terriblement gêné. D’où tu sors ça, toi !?

— C’est tout à fait ça, Alarich ! La vérité sort de la bouche des plus jeunes, n’est-ce pas Joakim ?! s’amuse aussitôt Trisha en profitant clairement de la situation,
— Je vois, t’en perds pas une, toi ! ronchonne Joakim avant de reprendre en direction de son frère, l’air bête et honteux :

— Du coup, en effet, la rousse nulle là, c’est Trisha. Ça va mieux toi sinon ?

— Oui, oui ! Mais, je -nnuie, -veux -garder un -essin -nimé, -u -eux aussi ??
— Non, il est tard et tu dois dormir. Moi aussi d’ailleurs ! Tu as vu ma tête ??
— Oui, -u -ais -eur ! pouffe Alarich avec candeur et franchise.
— Waouh comme tu te moques, je la retiens, celle-là… !
Alarich rit deux fois plus et Joakim lui embrasse le front avant de s’éclipser de sa chambre avec Trisha sur ses talons. La jeune fille, tout en restant silencieuse pendant la scène précédente, a réalisé quelque chose qui lui fend désormais le cœur.
Elle n’attend pas pour en faire part à son petit ami, une fois qu’ils sont de retour dans sa chambre.
— Tu as peur qu’il suive Enzo, c’est ça…
— Il va le suivre, Trisha. Je ne sais pas dans combien de temps, mais cela arrivera. Et quand ce sera le moment, je ne sais pas ce que je…
— Ne prédis pas l’avenir comme ça, tu n’es sûr de rien… Qu’est-ce qu’il a d’ailleurs ? Si c’est pas trop indiscret…
— Depuis quelque temps, il commence à développer des faiblesses au cœur et vu la liste de ses autres problèmes de santé, il n’avait pas besoin de ça. Mais bref, c’est la vie et on ne peut rien y faire. Si tu veux prendre une douche, tu sais où c’est. Je me couche pendant ce temps.
— Je peux t’emprunter une chemise pour me changer ?
— Tu vas me demander la permission de respirer aussi ?
— Un simple « oui, bien sûr ma chérie ! » suffisait ! rit la rouquine en disparaissant de la chambre de son homme.









