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=== 9 juin, 15 h 30… ===

Malgré que Joakim n’allume quasi plus son téléphone depuis le drame qui s’est produit la veille, Trisha a appris la tragédie par Noah. Elle arrive donc à l’hôpital très inquiète pour son petit ami qui doit très mal vivre la situation… et ce bien que ce vilain sacripan n’ait pas jugé bon de l’appeler à l’aide, de lui demander du réconfort. alors qu’elle n’attend que ça, d’être là pour lui !
La rouquine se perd dans le bâtiment hospitalier et personne ne semble vouloir la laisser monter à l’étage d’Erika. Agacée par ce rejet, elle demande à parler à l’un des proches de la famille de la patiente qui pourrait être sur place.
Raphael arrive peu après. Il lui offre aussitôt une amicale accolade et l’emmène ensuite avec lui, dans son couloir fétiche, près de la salle de recherches.

Une fois sur place, il explique brièvement à la petite amie de son fils que celui-ci est actuellement en train d’aider au diagnostic de sa sœur, parce qu’il possède une certaine facilité dans la compréhension de la médecine et de… Il s’embrouille très vite dans sa tentative de mensonge et décide soudain de tout avouer à son interlocutrice, avec une franche sincérité.

Trisha se fige dans une expression de surprise en apprenant la nouvelle, mais un sourire ému et beaucoup de fierté effacent très vite ce premier sentiment.

Elle s’éloigne peu après de son beau-père pour filer le long du couloir en direction de la salle de diagnostics et ce, même si celui-ci vient de la prévenir que Joakim n’est pas particulièrement chaleureux lorsqu’ils tentent de l’observer à travers la baie vitrée… À ses risques et périls si elle tente cette folie !

Têtue et amoureuse, Trisha poursuit son chemin pour apercevoir son compagnon : elle meurt d’envie de l’enlacer ! Ses yeux pétillent d’admiration, de fierté et d’amour, mais la flamme qui anime son regard s’éteint très vite. En effet, elle remarque que son homme la remarque à peine et qu’il ne s’attarde pas un seul instant sur sa personne derrière la baie vitrée. Il l’ignore complètement, exactement comme il le faisait dans ses jours sombres.

Il est en effet bien trop occupé pour prendre la peine de se souvenir de l’existence de sa rousse.

L’humiliation de sa compagne est à son paroxysme alors qu’elle se voit comme la dernière roue du carrosse, et ce même si elle est sincèrement heureuse pour lui d’avoir trouvé un environnement qui semble le combler… Elle ne peut pas lui pardonner de l’humilier à ce point !

« Mais pour qui se prend-il, à la fin ?? » Un regard, un sourire, un signe de main, cela ne mange pas de pain et son statut de petite amie lui offre tout de même le minimum des considérations ! Surtout qu’elle a fait beaucoup de kilomètres pour venir s’inquiéter de son sort !

Blessée et frustrée par son comportement, elle tourne vivement les talons en décidant de ne plus remettre le moindre pied ici ou de carrément ne plus faire le moindre pas vers son homme !! Ni appel, ni SMS, ni message quelconque ! Et ce, jusqu’à nouvel ordre ; et donc, jusqu’à ce que l’affreux ne vienne ramper à ses pieds en lui demandant pardon d’être aussi dégueulasse dans son indifférence !
De son côté, Joakim se fiche complètement de ce qu’elle peut penser de son comportement, car elle est devenue le cadet de ses soucis. Il ne l’a pas ignorée par mégarde, non, son attitude est voulue et calculée. Occupé à se battre pour sauver sa sœur, il ne peut se disperser pour réaliser la présence d’autres êtres humains trop collants. Cela ne l’intéresse plus. Ici, entre les murs de cette salle, il se sent enfin complet et épanoui, évoluant enfin dans une bulle qui lui apporte tout ce qu’il avait toujours espéré, sans pour autant croire qu’il l’obtiendrait un jour…
Tout le reste devient donc dérisoire et dispensable à ses yeux.
Pourtant, dans un court instant de culpabilité suite au départ de sa rousse, il se décide à allumer son téléphone portable, mais la réception immédiate d’un appel le surprend et l’énerve. Il raccroche au nez de l’indésirable et éteint à nouveau son iPhone. Il ne veut plus de cet entourage ridicule et inutile à son existence. « Que ces neurotypiques de malheur restent donc entre eux et lui lâchent les couilles ! »
Blessé par la tentative de conversation coupée brutalement, Hajer se retrouve nez à nez avec le désintérêt de son ami, après avoir désespérément essayé de le joindre toute la journée, en tombant constamment sur son répondeur. Le Drifterz est plus seul que jamais depuis deux jours et ce soir, il subit une violente crise de manque, alors qu’il est recroquevillé sur lui-même et pris de spasmes, dans le recoin d’un squat malodorant et insalubre où aucun des autres junkies de l’endroit ne remarque son mauvais état. Et pour cause, ils sont tous dans la même condition que lui… Mais Hajer, souffrant le martyr et ayant besoin de sa dose, agonise en silence en étant tiraillé par l’envie de voler une fois encore de l’argent à ses parents, pour se procurer ensuite sa désormais seule et unique raison de vivre. Sa came. Sa précieuse dope… Les yeux du jeune homme s’embuent de larmes et il se met à pleurer bruyamment pour exprimer sa douleur. Sa dope !! Sa dope ! Il veut sa dope ! Si son ami daignait décrocher son téléphone, il pourrait le supplier de lui donner de quoi s’en procurer pour qu’il aille mieux, mais ce soir Joakim se fiche de tout ! Ce soir Joakim le laisse tomber ! Il l’abandonne dans sa solitude, la puanteur de cet endroit, ainsi que sa souffrance ! Pourquoi ?! Mais, pourquoi donc agit-il ainsi ?! Est-ce le rôle d’un ami ?! D’ignorer la douleur de ses plus proches alliés ?! NON ! Joakim exagère ! Après tout ce qu’il a fait pour lui : vendre son âme au diable, bafouer son propre honneur, voilà donc comment il lui rend la pareille ! En l’ignorant ! En le laissant tomber ! Titubant, Hajer se relève enfin du sol et marche péniblement. Il s’extirpe du squat avec pour intention de voler ses parents encore une fois, en se fichant des éventuelles conséquences. Il n’a plus que ça à faire, de toute manière. Puisque son soi-disant ami et allié l’avait abandonné. Ce faux frère de cœur qui, au fond, n’attendait de lui que l’assurance qu’il ne se livrerait jamais à la police en révélant de bien sombres vérités. Tremblant et souffrant comme jamais de ses spasmes, ses battements de cœur s’accélérèrent en rythme avec sa rancœur pour son comparse drifterz qui décuple. Ce faux-ami est réellement mauvais. Sans cœur ni âme ! Tellement pourri de l’intérieur qu’il mérite qu’il le laisse tomber à son tour et se précipite au poste. Faux-ami ! Faux-ami ! Chien ! Sale chien ! Connard !!!! Il va payer ! Ce soir, il va payer pour sa méchanceté ! Ses faux-semblants ! Son hypocrisie !!!! Oui !