Temps de lecture : 3 minutes

Tandis que Raphaël se prépare à lui renvoyer un « Toi ? »  Empli d’ironie qui aurait déclenché une nouvelle dispute plus virulente que celle-ci, Joakim émerge soudain et pousse brutalement Trisha en arrière, dès qu’il la réalise assise à ses côtés, chez lui !  Comment cela a-t-il pu être possible ? Que fait-il ici, près d’elle, devant ses parents ?!  Les interrogations se succèdent dans son esprit embrumé et il ne voit qu’une seule et unique coupable de cette situation : ELLE L’A TRAHI !

De nouveau vexée et humiliée par son petit ami, devant ses parents cette fois, Trisha se relève vivement du sol et prend congé auprès d’Éva et Raphaël, sans jeter ne serait-ce qu’un seul regard en direction de celui qui vient de lui déchirer le cœur comme jamais.  Chez Kristofer, ce comportement passait déjà à peine, mais cette nouvelle humiliation ici, devant le couple Bauer, est la goutte d’eau dans le vase de la patience.  La rouquine ne peut plus tolérer d’être traitée de cette façon.  Elle détalait hors de la demeure sans demander son reste, le cœur gros, les poings serrés.

L’air boudeur, Joakim la regarde s’éloigner à travers la baie vitrée du salon, tandis que ses parents se soupirent entre eux qu’ils ont mis au monde un réel « trou du cul » qui ne mérite pas cette jeune fille adorable.  Raphaël et sa femme sont réellement choqués de ce que leur fils a pu oser faire à sa petite amie.  À croire qu’il a été éduqué chez les loups et non dans leur foyer aimant où on inculque pourtant aux plus jeunes le respect d’autrui ainsi qu’une grande politesse.  Éva n’attend pas plus longtemps pour le gronder : il a intérêt à rappeler sa rousse au plus vite pour s’excuser auprès d’elle, car ce qu’il vient de lui faire, aucune fille ne peut le pardonner !

Joakim râle en retour un « je m’en fous, elle fait c’qu’elle veut », avant de se traîner discrètement vers le téléphone fixe du salon – il a cassé son iPhone chez Kristofer –.  Dès que sa rousse prend son appel, il lui marmonne un timide « tu fais chier, revient ».

— Ne m’adresse plus la parole, sauf pour me dire, s’il te plaît Trisha, je m’excuse, reviens, renvoie fièrement la rouquine, toujours énervée.

— N’abuse pas ! s’horrifie Joakim devant sa requête.

— J’attends, reprend Trisha, tenace.  Ou je raccroche.  À toi de voir !

— S’il te plait, reviens, je m’excuse.  Renvoie Joakim d’une voix carrément inaudible pour ses parents dans la cuisine.

Plutôt mourir que de prononcer de tels mots devant eux !

— Tu vois quand tu veux !  À de suite !  Sourit affectueusement Trisha en raccrochant son téléphone portable pour revenir sur ses pas.  Elle a gagné !  C’est un sourire teinté d’un goût de victoire qui illumine désormais son visage.