*
Le lendemain, en début de soirée, Trisha craque et se précipite chez Kristofer sans prévenir, avec angoisse, stressée à l’idée de ce qu’elle pourrait trouver sur place. Elle veut comprendre pourquoi elle ne voit plus son homme, pourquoi il la fuit et pourquoi il a disparu des vies de son entourage tout entier.
L’estomac noué, elle craint de s’apercevoir que ses craintes sont réalité, que son petit ami a finalement cédé à la tentation et est retourné trainer auprès de celui qui ne lui a jamais rien apporté de bon et de bénéfique.

Son cœur se serre alors qu’elle réalise que la moto de son compagnon est garée devant la maison du gérant des hôtels Peninsula. Cette vision la dégoûte, l’énerve et la déçoit. Frustrée et désireuse d’en découvrir plus, elle pénètre dans la demeure Varels sans même sonner à la porte. Lors de ces soirées de dégénérés, l’entrée n’est jamais verrouillée et ce soir, Trisha n’a pas envie d’être polie. Elle veut juste retrouver son petit ami…

…afin de lui hurler dessus sa déception, mais lorsqu’elle le constate affalé dans un canapé, à moitié inconscient, son air cadavérique lui fend le cœur et lui ôte toute envie de le détester.

Elle meurt d’inquiétude et se précipite vers lui afin de le secouer, de lui caresser les cheveux, tout en l’appelant chaleureusement, tendrement, telle une louve qui récupère son louveteau perdu au milieu des bois.

— Joakim… ? Mon cœur… Réponds-moi… balbutie-t-elle d’une traite et sans réaliser le surnom qu’elle vient d’utiliser.
Elle rougit sitôt dès qu’elle s’en aperçoit : c’est la première fois de sa vie qu’elle emploie un mot aussi fort pour un petit ami.
Les deux amants sont isolés dans un recoin du salon, non loin des autres convives qui dansent énergiquement et boivent comme s’ils revenaient d’une traversée dans le désert. Toutefois, tout le monde ici est tellement éméché et sous l’emprise de substances que personne ne remarque la présence de la jeune fille.
Malgré ses nombreux appels, Joakim met un moment avant de réaliser l’identité de la tête rousse qui braille près de son visage et, lorsque qu’il y arrive enfin, il la pousse brutalement en arrière en lui ordonnant de dégager d’ici.
Il meurt de honte de se retrouver dans un tel état devant elle et la déteste d’être venue assister à cette scène.

Jetée à la porte de la demeure, rejetée et humiliée publiquement, Trisha se retient de fondre en larmes et sort son téléphone portable pour appeler chez les Bauer. Si son petit ami veut jouer… La partie ne fait que commencer, car elle refuse de le laisser dans une antre aussi malfamée que la maison Varels.
— Allô ? répond Erika en décrochant le téléphone du salon,

— Bonjour, est-ce que je pourrais parler à Raphaël Bauer ? Renvoie Trisha sans attendre alors qu’elle reconnait la voix de son interlocutrice.
— Ne quitte pas, soupire Erika en haussant les épaules, car elle a reconnu son interlocutrice.
Elle court prévenir son père qu’une communication l’attend, avant de foncer dans sa chambre pour finir de préparer son sac. Elle a une soirée pyjama chez Riley, ce soir !
Raphael colle le combiné du téléphone contre son oreille peu après. Trisha n’attend pas pour lui donner l’adresse où il peut trouver son fils, qui a quelques soucis et qui a besoin d’aide en urgence.