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Alors que Raphaël et le professeur de son fils redescendent au rez-de-chaussée en terminant tranquillement leur discussion, Joakim pousse soudain la porte d’entrée de la maison. Sa réaction est immédiate :

— Monsieur Ogilvie ? s’intrigue-t-il, sceptique

— Joakim ! Comment vas-tu ? renvoie chaleureusement le concerné.

— Que faites-vous ici ? reprend l’adolescent dont le stress grimpe en flèche.

— Il est venu discuter de deux ou trois petites choses, mais il repartait, là, intervient Raphaël en continuant d’escorter son invité.

— Joakim, as-tu déjà fait un test de Q.I. ? lance Charles sans l’once d’une hésitation.

— Pardon ? réagit nerveusement le lycéen. Ça vous prend souvent de débarquer chez vos élèves pour ça ?

— C’est une simple question, je suis simplement curieux ! Sachant que les génies sont généralement fiers de leurs Q.I., j’étais persuadé que, toi, tu connaissais le tien.

— C’est quoi ce cirque ?! gronde désormais Joakim en direction de son père.

Ne pouvant agresser son professeur, il se dirige instinctivement vers celui qu’il pourra asséner de reproches.

— Intéressant, lorsque tu dois t’en prendre à quelqu’un, tu te jettes sur ton père. C’est une piste à creuser ! souligne Charles, tout en se rapprochant de Joakim pour lui tendre du bout des doigts la carte d’un psychologue de renom. « Tiens, je le connais personnellement. Contacte-le en disant que tu viens de ma part. »

— Est-ce que vous vous moquez de moi ? s’énerve Joakim en enfonçant nerveusement la carte au fond de sa poche, après l’avoir froissée de toutes ses forces.

— En ai-je l’air ?

— Vous venez chez moi pour me traiter de cinglé ?! Mais, vous êtes malade, ou quoi ?!

— Joakim, Joakim… Comment un jeune homme aussi brillant que toi peut avoir une vision aussi réduite des psychologues ? Ton intelligence ne mérite pas de telles pensées idiotes, respecte-la.

— J’en ai assez entendu, vous êtes complètement taré.

— Pourquoi es-tu aussi en colère, Joakim ? D’où vient cette rage qui brûle en toi ? Quelles sont les raisons de cette évidente souffrance ? Je suis sûr que tu l’ignores toi-même, mais si un jour tu réalises que tu as besoin d’aide, ressors la carte que je t’ai donnée et contacte-le. N’aie pas honte de le faire.

Sur cette dernière phrase, le professeur se dirige vers la sortie, l’air confiant, après avoir serré chaleureusement la main de Raphaël qui, lui, est resté silencieux, honteux, pendant toute l’altercation professeur/élève.

— Tu me paieras ça, lui grogne d’ailleurs Joakim, une fois qu’il se retrouve seul avec lui et avant de filer dans sa chambre aussi vite que le vent.

Jamais encore il ne s’était senti aussi furieux, seul et humilié.