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Deux heures plus tard, et alors que Raphaël n’espérait plus que son fils aîné daigne dîner avec lui et Alarich, ce soir, au vu de l’humeur massacrante que le concerné avait il y a peu, celui-ci revient au rez-de-chaussée pour dresser la table avec son jeune frère, le tout dans un silence de mort. Un timide sourire se dessine aussitôt sur les lèvres du père de famille qui, ému, pose le repas du soir sur la table ; Erika est absente. Elle mange chez sa grand-mère, pour changer.

Le dîner se déroule dans un silence de mort, et même Alarich pouvait la ressentir, cette ambiance lourde et pesante.
Raphaël est le premier à prendre la parole pour tenter de lancer un sujet de conversation :

— Parlons peu, mais parlons bien, Joakim, tu ne veux vraiment pas faire un test de QI ?
— Arrête ça, réplique sans attendre son fils aîné en se crispant.
— De quoi ?
— Sérieux, je plaisante pas. Arrête ça maintenant.

— Pourquoi ? Ton professeur a raison, on ne peut pas laisser de côté ce que tu es !
– 180. Voilà, maintenant, je ne veux plus entendre parler de cette histoire.
— 180 de Q.I ? répète Raphaël avec surprise, l’air interloqué. Sérieusement ? Sais-tu qu’Einstein lui-même n’avait que 160 ?
— Son Q.I. n’a jamais été chiffré avec exactitude, contredit fermement Joakim, avant de reprendre avec plus de fierté et l’air hautain : « Mais en effet, je le bats à plate couture. »
— Je m’en veux de ne pas l’avoir découvert avant, soupire Raphaël avec tristesse. On t’a mal aiguillé durant ton éducation.

— Ça suffit maintenant, grogne Joakim en fusillant son père du regard, tu oublies tout ça, merci, strictement rien n’a changé ici, rentre-le dans ton crâne, conclut-il en se relevant de table avec son assiette qu’il se presse d’aller ranger dans le lave-vaisselle.

— Joakim, reviens t’asseoir ! On doit parler de ce que tu es, de tes capacités ! Il est hors de question que je te laisse croupir dans un cursus normal si ce n’est pas ce qui te convient ! As-tu pensé à ce que tu pourrais accomplir ?

— Lâche-moi ! envoie sèchement Joakim en fusillant son père du regard. Merde, merde, et re-merde ! Lâche-moi avec ces conneries, ou c’est la dernière fois que tu me vois dans cette baraque, je suis sérieux ! Oublie les conneries de mon prof et évite d’aller répéter tout ça à qui veut l’entendre, ou je pars de cette maison et, sur ma vie, tu ne me reverras plus jamais !
Criant cela, Joakim remonte en trombe dans sa chambre sous le regard blasé de son père qui réfléchit au moyen de revenir sur le sujet sans le faire sortir de ses gonds. Il aimerait tant avoir les mots…
— Pour-uoi Joa-im fâché ? Questionne juste après Alarich, inquiet par tous ces cris, par cette aura noire qui se dégage du grand frère qu’il aime tant.
— Rien de bien important, il est de mauvaise humeur, voilà tout ! Le rassure sans attendre Raphaël en lui esquissant un sourire chaleureux.
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Pendant ce temps, Kristofer Varels est chez lui, au téléphone avec son petit ami, pour le supplier de le retrouver ce soir à la fête qui se déroule chez lui.
Kristofer est désespéré, il déprime et a bu plus que de raison, ses phrases sont maladroites, il bafouille dans le combiné de son téléphone, sa détresse est plus que palpable. Il en a les larmes aux yeux, de devoir supplier ainsi son amour pour juste avoir le droit de le voir…
Moins sentimental que lui, Shane ne se laisse pas attendrir par sa voix larmoyante et c’est avec brutalité qu’il lui rappelle qu’ils ne sont pas en couple et qu’il n’a donc aucune obligation envers lui. S’il ne doit pas le voir pendant trois semaines, cela ne doit pas être un drame.

Kristofer fond en larmes en entendant cela ; comment peut-il aimer autant un être qui se préoccupe aussi peu de sa personne ? Il se sent tellement inutile et minable, à cet instant, qu’il a bien envie de cogner un mur. Sa manucure ne le lui pardonnerait pas, cela dit…
La conversation prend fin quelques instants plus tard. Kristofer, désespéré, chasse juste après tous ses amis fêtards. La soirée est annulée. Il n’a plus la tête à s’amuser et leur propose à tous d’aller se faire voir !
Il décide de finir la nuit seul dans son jacuzzi, avec pour seule compagnie sa bouteille de vodka.
De son côté, Shane est désormais de mauvaise humeur à cause de cet appel et c’est son plan cul de cette nuit qui paie pour ça. Après l’acte, il l’insulte et lui ordonne de dégager de chez lui et de ne plus jamais le contacter.