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À quelques mètres, Zack et Serah se préparent à passer une soirée en amoureux chez le jeune homme. Avant de rejoindre leurs amis en boîte de nuit, ils pourraient cependant préférer rester sur place à jouer à League of Legends tout en se câlinant pendant des heures.
Enfin, ça, c’était ce qu’ils espéraient avant qu’Andreas n’appelle soudain son meilleur ami pour lui sangloter que Jenny vient de le quitter. Encore une fois.
La voix du jeune Cobain est presque inaudible, à l’autre bout du fil, noyée dans ses balbutiements et reniflements de détresse.

Zack se dépêche de le consoler. Il montre beaucoup d’animosité envers la naine aux cheveux colorés, la garce qui ne mérite pas son binôme ! Celui-ci a tort de la récupérer à chaque fois, il devrait définitivement l’oublier ! Chaque essai avec cette folle se montre constamment infructueux ! Cette routine de ruptures et réconciliations énerve Zack au plus haut point. Il n’en peut plus de l’immaturité de ce couple.
Allongée sur le lit de son petit ami, Serah écoute la conversation d’une oreille et se retient de rire de cette situation, une nouvelle fois cocasse.
Elle sait bien que Jenny rappellera son Andy moins d’une heure après l’avoir laissé tomber. Elle se dépêchera de le supplier de recommencer leur histoire ; mais avant cela, bien sûr, Andreas aura déjà demandé à son toutou, son fidèle cocker bien dressé, sa poupée de chiffon, son esclave soumis de venir chez lui pour le réconforter. De retour dans les bras de son spaghetti, Jenny clamera à son crétin de petit ami qu’elle regrettait de l’avoir quitté et l’aimait bien trop pour pouvoir le laisser. Elle lui dirait que tous les deux sont liés pour la vie et l’éternité. Blablabla, insérez ici un discours niaiseux à souhait. Serah meurt désormais d’envie de pouffer alors qu’elle constate son Zack si impliqué dans la conversation. Le pauvre semble tellement à fond dans l’histoire que cela lui parait risible. Il déteste vraiment Jenny pour ce qu’elle fait endurer à son ami, Serah le voit bien, par ses mimiques outrées et ses amples gesticulations qui lui font perdre toute crédibilité. La jeune fille le trouve pourtant mignon, au fond, alors qu’il s’agite nerveusement et postillonne furieusement dans son téléphone. Elle le trouve réellement adorable. Avec sa frimousse en colère. Elle n’en peut plus. Si la scène continue, elle va éclater de rire. Son chéri est un dessin animé à lui tout seul ! Avec sa fine veine de colère sur la tempe !

Sa bonne humeur redescend immédiatement lorsqu’elle entend son brun annoncer à son interlocuteur qu’il le rejoint en ville dans quinze minutes.
Elle croit rêver, sur le coup. Va-t-il vraiment la laisser dans l’oubli une fois encore, pour courir faire le toutou auprès de celui qui le traite comme une vieille chaussette usagée ?! Elle hallucine.

Nonchalamment, Zack raccroche sa conversation et elle l’attaque aussitôt, avec une ironie palpable. « Il n’a tout de même pas l’intention de la lâcher ce soir, pour lui préférer Andréas, aka le chouineur ? Si ? »
Zack soupire en haussant les épaules. Son statut de meilleur ami lui impose d’être là pour son binôme et rien n’empêche sa compagne de venir avec lui…
Serah rit avec acidité. Et puis quoi encore… Elle n’avait pas tué son père et sa mère à mains nues pour mériter de se coltiner Andréas Cobain pendant une soirée entière, « SOIRÉE QU’ELLE ÉTAIT JUSTEMENT CENSÉE PASSER AVEC SON PETIT AMI ! » crie-t-elle, agacée, avant de poursuivre, désormais furieuse :
« Comment son mec peut-il se faire ainsi manipuler par son faux ami discount ?! Comment peut-il être aussi faible à la fin ?! Il n’a ni couilles ni personnalité ! »

Face à cette pluie de remontrances, Zack bugue et réalise qu’il doit faire un choix, ce soir. Envoyer paître son meilleur ami et rester avec sa rousse, ou laisser celle-ci rentrer chez elle en colère pour préférer rejoindre et secourir son ami ingrat.
Maladroitement, il balbutie qu’il ne peut laisser Andreas tomber et Serah s’extirpe de son lit en moins de deux, pour disparaître de sa chambre et de sa maison. À cet instant et à ses yeux, ce crétin n’a plus rien de mignon ou d’adorable.