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Amy Wills intercepte rapidement le duo d’amis avant qu’ils n’entrent dans leur bâtiment de cours, pour demander au jeune Bauer si elle peut s’entretenir un instant avec lui. Elle s’excuse auprès d’Hajer de lui « piquer son ami de cette manière ». Celui-ci rit qu’il « n’y a pas de soucis ». Ils se revoient dans la salle, du coup ! Joakim soupire et craint déjà que la blondinette lui parle d’un sujet qui fâche. La connaissant, il est bien certain qu’elle ne vient pas le trouver pour lui parler de la pluie et du beau temps…

Les deux ex-amants font donc quelques pas pour s’éloigner de la foule d’élèves qui s’agite vers les entrées de bâtiments et, une fois isolés loin des regards et oreilles indiscrètes, Amy se livre enfin, l’air craintif et désemparé :

— J’ai essayé, mais je n’arrive ni à te détester ni à nous oublier.

— Rompt avec Noah, alors.

— Aurait-on de nouveau une chance, après ça ? renvoie aussitôt Amy, le cœur battant, avant de reprendre un peu plus timidement,

— Ne me déteste pas, ne m’en veux pas, je t’en prie, mets-toi à ma place, comprends juste que je… Je… Je ne peux pas te remplacer, j’ai essayé, mais je ne peux pas nous oublier, j’aimerais retrouver ce qu’on avait… Si tu y repenses, tu peux te souvenir des moments géniaux qu’on passait ? Alors, avec le recul, je me demande si l’on ne pourrait pas… Enfin, je… Bref, qu’en penses-tu ?
— Nous avions une amitié et elle est toujours d’actualité. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu pourras toujours compter sur moi. Mais ne m’en demande pas plus. On ne peut pas. On ne peut plus. On en a déjà parlé ! Pourquoi reviens-tu à la charge ? Pourquoi ne tournes-tu pas la page… Pourquoi insistes-tu, je ne comprends pas.
— Parce que je recherche des réponses. J’ai un sentiment d’inachevé, tu comprends ? On avait clairement quelque chose, tous les deux, on était vraiment unis, on parlait beaucoup, sur la fin, on se comprenait, mais désormais, à te voir, je doute, et je me dis que rien n’a été vrai pour toi… Tu peux me dire que tu étais vraiment sincère avec moi ? Ou tu te fichais complètement de moi… Je veux dire, lorsque nous…
— Je ne me suis jamais moqué de toi, Amy. On profitait des moments présents, mais c’est fini.
Le visage de la blondinette s’inonde de larmes et Joakim reprend aussitôt, l’air hésitant, gêné, tandis qu’elle lui saute au cou pour pleurer contre lui.

— Je suis désolé, bafouille-t-il, stressé.
— Ne le sois pas ! réplique Amy en reniflant bruyamment.

Elle l’agrippe un peu plus fort pour finir de pleurer en silence, avant de ravaler enfin ses larmes et alors qu’il n’a pas bougé d’un millimètre pour préférer rester figé comme un arbre, les bras ballants, l’air bête, ahuri.

— Pardonne-moi d’être comme ça, Joakim, j’ai tellement honte d’être constamment après toi ! Tu dois en avoir marre de moi… Mais je te promets d’arrêter d’être ridicule, je te promets de changer…
— Ne te sens pas obligée de trop te métamorphoser. car cela serait du gâchis. Tout le monde l’aime, Amy Wills, alors ne la tue pas trop vite, c’est une fille merveilleuse. Et si elle n’est plus amoureuse de Noah, il faut qu’elle se souvienne de son pouvoir infini de séduction, parce que dieu qu’elle est bonne, cette blondasse. C’est un bon coup, en plus.
Amy rit et esquisse un sourire flatté.

— J’adore Noah, mais c’est vrai que je devrais rompre, vu qu’on n’arrive pas à retrouver le petit quelque chose qui donne envie de rester avec quelqu’un… reconnait-elle ensuite, lasse. Je pense que je me suis toujours un peu servie de lui pour te rendre jaloux.
— Je sais. Mais c’est compréhensible, je suis tellement parfait…
— Mais oui, c’est ça ! pouffe Amy en pinçant son interlocuteur d’un air amusé. Amis ?!
Elle lui demande cela en lui tendant sa main droite, paume grande ouverte, les yeux pétillants et encore humides d’émotion.
— Amis, lui répond sans attendre Joakim en lui rendant amicalement sa poignée de main.