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Le lendemain, Joakim est sagement de retour au lycée.

Il s’ennuie comme un rat mort, le cours qu’il entend l’endort : il sait déjà comment arriver à la finalité du résultat de son professeur, par une méthode plus rapide qui s’illustre immédiatement dans son esprit. Les neurotypiques sont décidément si lents…

Peu après et pendant la pause du matin, il discute à part avec son vieil ami Hajer.

Les deux drifterz échangent quelques banalités. Joakim se renseigne sur l’état, l’humeur ainsi que le moral de son ami, puisque celui-ci s’est montré fragilisé, il y a quelques semaines.

Hajer n’essaie pas de lui mentir sur ce qu’il ressent aujourd’hui et comment il se voit dans un avenir proche : disparu de la circulation, pour le bien de tous. À ses traits tirés et creusés par la fatigue, à son évidente dépression, à sa barbe de trois ou quatre jours et à son air étrangement shooté, vide, comme s’il parlait sous l’influence de calmants ou autre, Joakim réalise que son comparse ne va pas mieux.

Il lui rappelle sans attendre qu’il reste là pour lui et qu’il ne doit plus hésiter à l’appeler s’il a besoin de quoi que ce soit. Après tout, les deux partagent le même secret lourd et douloureux. Ils doivent s’en souvenir et se serrer les coudes… Être là l’un pour l’autre. Tourner la page sur la sombre histoire de l’incendie, ensemble.

Les yeux d’Hajer s’humidifient et son cœur se serre alors que son interlocuteur appuie sur le mot « ensemble ». Son ami a réellement changé, car il se souvient encore de la fois où celui-ci l’a furieusement envoyé, juste parce qu’il ne se remettait pas du crime qu’ils avaient pourtant commis à deux.
Joakim reconnait son erreur de jugement à ce moment-là et promet à son interlocuteur que cela ne se reproduira plus. Il sera désormais là pour lui et ne le laissera plus tomber.
Hajer sourit, satisfait de l’évolution de la conversation. Sur un ton plus léger, il conseille à son ami de ne jamais perdre Trisha, car celle-ci a un effet incroyablement bénéfique sur sa personne.
Joakim rit avec légèreté et lui retourne un « n’importe quoi, tu la surestimes ! », tout en se relevant du banc, pour reprendre le chemin de sa classe, aux côtés de son comparse.