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Pendant ce temps, l’ambiance du côté Watcha Say est plutôt bonne – ou moqueuse, question de point de vue… – si l’on s’arrête sur les gloussements bruyants d’Erika qui raconte avec amusement à son amie Kaylah que leur amie Ashley ressemble vraiment à un porcelet quand elle pleure et qu’elle est digne de la marionnette Peggy, des Muppets ! Celle-ci vient en effet de se disputer avec son boyfriend, Jonathan, et la scène n’est pas passée inaperçue, en pleine pause de l’après-midi…

Empathique envers l’adolescente en pleine crise de couple, Kaylah soupire à sa comparse qu’elle doit se concentrer sur leurs entraînements ainsi que sur sa propre vie, plutôt que sur les histoires des autres. Surprise et gênée par la réflexion de Kaylah, Erika balbutie quelques mots maladroits de honte avant de changer de sujet de conversation, terriblement mal à l’aise.

Il est vrai qu’il n’est pas sain de passer son temps à souhaiter la fin du couple de son ami Jonathan et elle en a pleinement conscience… En la voyant agir ainsi, on pourrait presque croire qu’elle en pince encore pour son partenaire de danse et c’est ce qui l’agace soudain, puisque ce n’est pas le cas ! Elle aime réellement Riley et est comblée à ses côtés !
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Il ne s’est écoulé que dix minutes depuis que Joakim a quitté son cabinet, et son psychologue appelle déjà son père.
Oui, sa profession lui interdit de révéler quoi que ce soit qui lui a été confié sur son canapé, mais ce ne sont pas les nombreux secrets douteux de Joakim qu’il veut trahir à cet instant, loin de là.

— Oui, bonjour ? répond Raphaël, en ne reconnaissant pas le numéro qui s’affiche sur son téléphone.
Il s’agace de cela. D’ordinaire, ceux qui l’appellent sur son numéro privé ne sont jamais inconnus de son répertoire de contacts.
— Bonjour monsieur Bauer, je suis Alvin Grahams, le psychologue de votre fils !

— Oh, bonjour monsieur Grahams ! Tout va bien avec lui, j’espère ?! Ou ça y est, il vous a rendu fou et vous avez posé votre démission pour changer littéralement de voie professionnelle ?!
Alvin laisse échapper un petit rire amusé, avant d’ajouter en reprenant son sérieux :
— Tout se passe très bien, ne vous en faites pas ! Nous avançons même très bien tous les deux et c’est pour cette raison que je tenais à vous parler, car vous jouez un rôle crucial dans sa guérison.
— S’il y a quoi que ce soit que je puisse faire, je suis tout ouïe. Un rôle prépondérant, dans quel sens ?
Le stress de Raphaël augmente d’un cran. Que voulait donc dire le psy de son enfant par cette phrase ? Le juge-t-il responsable d’un quelconque malheur ou mal-être ?! Aurait-il raté une étape dans l’éducation de son gosse ?! Est-il un parent déplorable ?! Cette possibilité reste sa hantise.
— Monsieur Bauer, votre fils est rongé par la culpabilité. À ses yeux, sa naissance a provoqué celle de vos jumeaux et donc ce que vit le jeune Alarich au quotidien. Je vous conseille de vous entretenir rapidement avec lui afin de lui faire comprendre que le fait de vouloir trois enfants ne vient que du choix de deux amoureux. Il doit comprendre que le fait qu’il ait été bien portant n’a rien à voir là-dedans. Aujourd’hui, Joakim se déteste, ainsi que son intelligence. Vous devez l’aider à se déculpabiliser car sans ça, j’ai bien peur qu’il n’accepte jamais ses incroyables facultés, voire même simplement son existence.
À la fin de la tirade du psychologue de son fils, Raphaël reste figé pendant près d’une minute. Il en reste bouche bée, de ce qu’il apprend aujourd’hui. son cœur se brise.
Titubant, encore sous le choc, il promet ensuite à son interlocuteur de faire ce qu’il lui a demandé, dès que possible. Ses mots s’extirpent mécaniquement de son gosier et des larmes lui humidifient les yeux alors qu’il prononce maladroitement cela.