
Le regard fixé sur l’horrible cavité, elle se demande quelle tournure prendront ses prochaines minutes, ses lendemains, voire même son avenir tout entier.
Que deviendra-t-elle donc ? Sans lui. Sans sa présence, le monde ne pourrait se dévoiler que terne à celle qui commence sa vie d’adulte seule plutôt qu’avec l’homme qui nourrissait tous ses projets.
« Perdre quelqu’un est terrible ! Mais le pire serait de ne l’avoir jamais rencontré. » [Marc Levy]
La demoiselle dément cette affirmation, car elle souhaite lui rappeler qu’elle peut désormais continuer son existence et que tout ira bien par la suite ! Mais comment ? En quoi le fait de trouver sa véritable moitié, son âme sœur unique et authentique, pour la perdre ensuite à cause de la cruauté de la vie, pourrait-il se révéler bénéfique au point de ne rien regretter ? Il aurait mieux valu qu’elle ne le rencontre jamais, oui ! Sans lui, elle aurait certainement vécu une réalité fade, banale, remplie de clichés soporifiques du milieu adolescen, ratant la magnificence d’une incroyable relation, mais au moins, elle n’aurait pas connu l’extase avant de tomber dans les abysses de l’horreur.
Des torrents de larmes coulent sur ses joues ; elle est encore une enfant, pas prête à affronter un tel chagrin.
« La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure longtemps, mais qu’elle soit bien jouée. » [Sénèque]
Ah ça ! Il est indéniable que sa moitié l’a incarnée à la perfection ! Au point que ceux qui y ont assisté ne peuvent accepter la fermeture du rideau. Amis comme ennemis le garderont longtemps dans leurs souvenirs.
« Quand Dieu efface, c’est qu’il s’apprête à écrire. » [Jacques-Bénigne Bossuet]
La jeune fille approuve cette citation, puisque dans quelques mois, un nouveau ballet débutera. Ce sera de nouveau interprété par ces deux-là, l’horreur et la beauté, qui reprendront cette pièce, la désormais bien connue, celle qui alterne avec talent entre chaos et perfection, celle que l’on ne présente plus ; la Vie.