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=== 17h00… ===
Réveillée et désormais stabilisée, Erika vient de quitter les soins intensifs pour rejoindre une chambre normale. Elle s’y reposera plus sereinement et y recevra ses visites dans de meilleures conditions. Son état reste stationnaire et aucun diagnostic n’a encore été établi.

Encore un peu groggy et très faible, elle s’occupe en écoutant les nombreux messages de ses amis sur la boite vocale de son téléphone portable. Les larmes lui montent très vite aux yeux et elle s’empresse de renvoyer des textos à tout ce petit monde, le cœur gonflé de joie de s’apercevoir que tant d’amis semblent là pour elle, dans cette épreuve.

Son père se précipite dans sa chambre une demi-heure plus tard.
Il a eu une frousse bleue en réalisant que son lit en soins intensifs était vide. L’espace d’un instant, il a cru qu’il perdait encore un enfant et alors que ses yeux s’emplissaient déjà de larmes, une infirmière lui a appris que sa fille avait été déplacée.
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=== 9 juin, 17 h 30 ===

Dans son état, Hajer perçoit difficilement les hurlements de son père ainsi que les pleurs de sa mère. À demi-conscient, sombrant peu à peu, il essaie de réaliser ce qui est en train de se passer sous ses yeux, ce qu’il a lui-même déclenché en se faisant prendre la main dans le sac alors qu’il tentait de piquer quelques billets dans le coffre familial. Tout ceci n’était pourtant pas censé se produire. Jamais, oh grand jamais, ses parents n’auraient dû le surprendre en train de les voler. Ce ne sont désormais plus des spasmes de douleur dus à l’effet de manque qui le déchirent désormais, mais d’autres de culpabilité, détresse et honte. Si seulement il pouvait disparaître immédiatement dans un trou de souris, pour ne jamais en ressortir…

Mais qu’a-t-il donc fait ?! Il fond nerveusement en larmes en confessant subitement sa responsabilité dans l’incarcération d’un innocent, la tête agrippée entre ses mains, il pleure comme un enfant en prétendant que depuis l’emprisonnement de Joey Sanders, il sombre sans pouvoir parler à personne de son odieux secret. Il a commencé à se droguer pour cette raison, il devait se shooter h24 pour oublier son péché. Ses larmes redoublent alors que son père ne s’arrête plus de lui crier sa déception. Il l’a tellement déçu !

Comment lui, l’immense fierté de sa vie, a-t-il pu tomber aussi bas ? Comment a-t-il pu faire accuser un innocent ou même voler pour consommer de la drogue afin d’oublier ses mauvaises actions ? Jamais les Riahi ne se sont abaissés à tant d’ignominies ! Leur lignée a toujours été des plus respectables et Hajer les ridiculise aujourd’hui ! Où est donc passée son éducation exemplaire ?! Ses envies d’écriture, son rêve de devenir écrivain ?! Où s’est donc envolée sa bienséance et ses bonnes manières ?! A-t-il tout jeté aux ordures pour préférer devenir un malfrat immonde qui s’auto-détruit, vole et accuse injustement des innocents pour camoufler ses propres crimes ?!

Le Difterz brisé n’en peut plus. Seul le mot « pardon » s’échappe désormais de ses lèvres, en rythme avec ses larmes qui lui trempent le visage. Sa détresse est palpable et sa mère accourt pour le prendre dans ses bras, pleurer avec lui, tout en le réconfortant. Elle lui assure qu’Allah sauvera son âme, qu’il n’a pas à s’en faire, tout ira bien, car Allah sait être juste !
— S’il mérite son pardon, bien sûr, et pour cela, il doit se dépêcher d’avouer ses crimes. Il doit faire libérer le pauvre enfant emprisonné à tort, ajoute son père, toujours furieux.

Hajer déglutit devant l’ordre de son paternel. Il n’en revient pas. Ses parents lui demandent de se livrer aux autorités en le menaçant ensuite de le renier s’il ne s’y résout pas. Il en tremble de terreur tandis que son père lui assure que s’il se montre digne d’intégrité, lui et sa mère le soutiendront dans sa rédemption. Il ne sera plus jamais seul et même s’il doit subir une peine de prison, il recevra autant de visites qu’il lui sera autorisé. Ils ne l’abandonneront pas à son triste sort.