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=== 8 juin, 22 h 30 ===

Cette première journée de colocation pour les deux ex-amants s’achève dans la bonne humeur. Ils ont adoré passer la journée ensemble.
Après un repas très copieux, les deux hommes terminent leur soirée avec une partie de billard, tout en sirotant des digestifs très alcoolisés qui doivent les faire digérer les délicieuses pâtes à la carbonara du propriétaire des lieux ! Shane est en effet un excellent cuisinier qui adore se mettre aux fourneaux pour régaler ses amis. « L’homme parfait ! » lui susurre souvent Kristofer.

Alors que cette soirée s’annonçait magique pour le millionnaire devenu colocataire de son ex, un indésirable vient soudain ruiner tous ses espoirs en sonnant à la porte pour proposer à Shane une « sortie à deux ». Pour réponse, celui-ci accepte immédiatement l’invitation en posant sa quille de billard. Il fonce ensuite vers l’imposteur oh combien sexy…

Kristofer le trouve en effet magnifique, tout en le détestant déjà pour ce qu’il espère faire ce soir. Il balbutie aussitôt en direction de son ex :
— Tu… Tu vas où ?

— Je sors avec Darren. Tu sais où sont les clefs, coloc ! J’ai pris mon double, donc ne te sens pas obligé de rester au loft, si tu veux aller faire la bringue aussi, ne te gênes pas ! On se voit demain !

Sur ce, Shane disparaît de chez lui, sur les talons du type que Kristofer ne connaissait pas avant ce soir. Il le maudit déjà en se demandant quel statut peut bien avoir ce type pour l’homme de sa vie. Il déteste l’air hautain qu’il a osé lui afficher car il a lu en lui un « tu as perdu Varels, Shane est à moi ».
Parano, peut-être, mais le cœur du millionnaire tambourine dans sa poitrine. Ses yeux s’humidifient tandis qu’il reste seul et con, planté en plein milieu du salon du loft.
Il souffre d’imaginer son amour dans les bras ou le lit d’un autre et rêve de se rouler en boule dans son lit pour pleurer jusqu’à l’aube… Cette douleur qu’il ressent n’est en rien comparable à celle subie lorsqu’il imaginait Trisha dans les bras de Joakim car celle-ci est terrible. Elle lui brule les entrailles et lui donne envie de hurler, de sauter par la fenêtre, de… de… de devenir fou !
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Le cœur léger, Perrine rentre chez elle après le parkour avec Noah et, dès qu’elle arrive devant son immeuble, son ami blond lui envoie un sms amical pour lui proposer qu’ils se revoient le lendemain, en ville. Le cœur de Perrine se serre aussitôt, avec douleur. Sans attendre, elle lui renvoie un refus, la soirée qu’ils viennent de passer restera exceptionnelle. Ils ne reprendront pas leur ancienne relation là où ils l’ont laissée, pour toujours les mêmes raisons. Elle s’excuse de vouloir se préserver, mais son interlocuteur doit la comprendre. Elle lui apprend aussi qu’elle ne veut plus de message de sa part.
Noah se désespère de sa demande et les larmes lui montent aux yeux.
Il y a cru. Pendant un instant, il y a cru…
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Quelques heures plus tard, en plein milieu de la nuit, Raphaël sursaute et réalise que son téléphone ne lui affiche ni appel en absence ni réception de nouveaux SMS. Ce fait l’angoisse terriblement car il s’imagine déjà le pire. Sans attendre, il se dépêche d’appeler son fils et celui-ci lui répond rapidement, pour lui annoncer qu’il passe la nuit sur place, sur ses recherches.

Raphaël n’en revient pas d’apprendre qu’il est encore dans sa salle de diagnostics à dévorer le programme de médecine et qu’en plus, il semble terriblement heureux. Sa voix est claire, posée, tranquille et calme. Adieu l’habituelle froideur et la constante mauvaise humeur, Raphaël redécouvre son gosse et a l’impression de ne jamais l’avoir senti aussi sympathique à l’autre bout d’une conversation. Il a l’air enjoué, aux anges, comme s’il avait oublié les drames qui les frappent.
Joakim renaît. Comme un petit-enfant qui gribouille une aquarelle en cours de dessin, le jeune homme est en pleine extase. Au septième ciel. Il raccroche d’ailleurs sa conversation, peu après, en disant amicalement à son père qu’il avait encore à lire et qu’il lui faisait perdre du temps !
Raphaël en tombe des nues, tout en laissant échapper un sourire radieux, les yeux humides de voir son gamin aussi serein. Il n’en revient pas que celui n’ait besoin que d’une bibliothèque de livres de médecine pour avoir des étoiles dans les yeux.
Le père de famille se couche peu après, réconforté dans son malheur par le fait de voir son fils changer positivement. Ravi, il prévoit de lui apporter des vêtements de rechange dès le lendemain, au cas où son petit prodige voudrait rester plus longtemps sur place…