=== 8 juin, 11 h 30 ===

Cette matinée n’en finit pas. La fatigue gagne peu à peu Erika qui se laisse tomber sur l’un des canapés des coulisses, tandis que le reste de ses amies danseuses continue de s’extasier sur leurs prestations respectives, attendant patiemment les résultats finaux.

En temps normal, Erika aurait été près de ses acolytes Watcha Say pour vanter elle aussi sa prestation, mais aujourd’hui ? Plus rien ne l’importe et son masque commence à se fissurer lentement. La réalité la rattrape.

Désormais, qui la comprendrait aussi bien que son frère jumeau. Qui ? Son aîné, Joakim ? Non. Aussi attachée qu’elle puisse être au concerné, il ne remplacera jamais celui qui l’a quittée. Alarich, c’est Alarich. Un être irremplaçable dont l’absence restera insupportable. Erika ne peut s’imaginer une existence sans lui à ses côtés. La vie sera fade et sans intérêt, sans sa présence. Il lui manquera toujours quelque chose. Ses yeux s’humidifient de nouveau tandis qu’un brouhaha incroyable commence à s’échapper de la foule restée devant les planches et les juges. Les notes ont été révélées et Erika peut déjà entendre des cris et hurlements insupportables. Elle les déteste tous… Ces chiens clament leur bonheur, quand elle n’a envie que d’une seule chose : mourir !
— Erika, Erika, debout !

— Hein ? Quoi ? marmonne-t-elle en s’extirpant péniblement de sa léthargie dépressive,
— Tu dors, ou quoi ?! Tu n’as rien entendu ?!

— De… De quoi ?
Molly rit de son air ahuri et stupide, avant de l’attraper vivement par le bras pour la tirer en avant. Cette idiote qui dort debout n’a pas réalisé sa consécration…

1re place Solo, Erika Bauer, des Watcha Say
1re place Duo, Erika Bauer & Jonathan Bell, des Watcha Say
1ᵉʳ place Trio, Erika Bauer & Molly Gray & Kaylah Moore, des Watchay Say

Erika réalise à peine ce qui se passe alors qu’une pluie d’applaudissements débute. Ses jambes flageolent, elle titube et s’agrippe un peu plus fort à son amie Molly, qui, surprise et choquée par la coulée de sang qui lui dégouline soudain du nez, la retient en l’appelant avec angoisse : « Erika ?! Erika ?! »
« Merde, au secours ! Quelqu’unnnnnnnnnn !!!! » hurle la blondinette, terrifiée de voir sa comparse perdre connaissance.