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Quelques heures plus tard, à une heure plutôt tardive, une nouvelle soirée bat son plein chez Kristofer.  Joakim y est, complètement saoul, assis par terre, adossé contre le canapé duquel il a glissé il y a quelques minutes.

Sa propre déchéance l’horrifierait s’il pouvait la constater dans un moment de sobriété, entre deux cuites qui lui permettent d’oublier ce qui l’entoure, et surtout l’état de son frère.  Être presque inconscient à toute heure du jour et de la nuit a au moins cet avantage : celui de n’avoir qu’à se soucier que du fait que son taux d’alcoolémie ne faiblisse pas !  Joakim boit donc presque sans interruption.

Il est actuellement presque inconscient.  Ses yeux s’ouvrent parfois, puis se referment, il comate, ne réalise plus vraiment où il est et pourquoi. 

Kristofer s’approcha doucement de lui, l’air inquiet.  Il est rare que son ami soit aussi saoul et l’affection qu’il lui porte le force à angoisser de plus en plus de le voir dans cet état, si fréquemment.

— Ça va ? Tu veux que je t’aide à monter dans ta chambre ?  Prononce-t-il avec sollicitude en s’asseyant à ses côtés.

Celui-ci ne lui répond rien, pas même un murmure.  Il semble dans un état second, sans doute endormi…

Kristofer le réalise puis tente une folie, tout en rougissant comme une adolescente en fleur.

Avec discrétion et délicatesse, il se rapproche de son ami assoupi pour lui voler tendrement un doux baiser, avant de se laisser aller à un peu plus de lubricité : sensuellement, il lui lèche l’intérieur de la bouche…  Il meurt d’envie de l’embrasser, d’un long baiser partagé… L’idée l’excite terriblement.

Fou de désir pour celui qui lui est d’ordinaire inaccessible, il n’attend pas une minute de plus pour commencer à lui caresser délicatement le torse à travers sa chemise entrouverte.  Son entrejambe désormais en feu le supplie d’accélérer la cadence en laissant apparaître une bosse à l’endroit.  Il n’en peut plus…  Il l’aime plus que tout. Si seulement… Si seulement ils ne pouvaient faire qu’un ce soir…

Son excitation est à son paroxysme, il n’en peut plus, une larme roule le long de sa joue alors qu’il réalise avec douleur ses agissements.  En panique, il lâche le visage de celui qu’il aime tant, tout en s’essuyant les yeux de ses mains tremblantes.  Il le respecte bien trop, cet ami, cet amour, pour tenter quoique ce soit d’autre et son cœur tambourine désormais dans sa poitrine, tout en le faisant souffrir de plus en plus à chaque nouveau battement.