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Trisha qui pénètre dans l’appartement force l’ancien prisonnier à s’interrompre sous la surprise. Sur le coup, la rouquine ne le reconnaît pas, tant la prison semble l’avoir changé ; physiquement parlant, du moins. Une barbe naissante, des traits tirés qui façonnent désormais un air durci par la vie et les épreuves, à la place d’un minois soigné.

— Devine qui est venu nous rendre une petite visite ! lance Maya en direction de sa progéniture. Il est de retour !

 — Euh… Joey ?! s’intrigue Trisha, pas vraiment convaincue.

Une demi-heure d’explications plus tard, la rouquine ne sait plus quoi penser de l’histoire absurde qu’on vient de lui narrer.

Son petit ami n’est peut-être pas un saint, mais il n’en est pas au point de faire enfermer un innocent sans raison. Elle s’agace. Son ex doit arrêter de tenter de dénigrer Joakim. La réalisante sceptique, Joey lui confesse alors qu’il est certain que le jeune Bauer a agi ainsi pour l’évincer et lui voler sa copine. Trisha éclate aussitôt de rire et ce comportement met mal à l’aise sa mère, au point qu’elle la gronde peu après, l’air sévère :

— Un peu de respect, chérie, voyons, je ne t’ai pas élevée comme ça. Que tu sois d’accord ou non avec ce qu’il dit ne doit pas t’empêcher de rester courtoise.

— Je sais, excuse-moi, Joey ! se reprend alors Trisha, encore rouge de son fou rire. « Bref tout ça pour te dire que non, tu te trompes à son sujet, car même si Joakim aurait pu te faire un coup pareil, car après tout, ce petit génie en a plus d’une dans son sac, des idées à la con, il faut que tu te rappelles qu’à l’époque, il ne me supportait carrément pas. Il me détestait sincèrement ! Je ne lui plaisais pas. Tu comprends donc qu’il n’avait pas besoin de t’évincer ? Ce n’est pas lui qui m’a couru après, mais l’inverse. »

— « Petit génie » ? reprend Joey, l’air sceptique. Qu’est-ce que tu entends par là ?

— Ah oui, c’est vrai que tu ne peux pas savoir, mais Joakim a plus de 180 de QI, informe Trisha avec énormément de fierté au creux de la voix et avant de la perdre progressivement pour réfléchir sur un point. « Le fait d’être plus intelligent que la moyenne n’est-il pas justement le prérequis pour pouvoir manigancer un plan aussi sordide que celui narré par son ex ? »

— Je vois… souffle Joey, le regard fuyant et perdu dans ses pensées, désormais au taquet pour analyser les informations reçues.

— Arrête avec ton « je vois » qui insinue de la merde, commence à stresser Trisha. Quoique tu puisses penser, ce n’est pas Joakim, ok ? Il n’avait aucune raison de te faire ça et la preuve, ton vrai coupable s’est dénoncé !

— La personne qui s’est dénoncée était manipulée, Trisha, j’en suis certain. Peut-être depuis le début. Après, je n’ai pas de preuves de ce que j’avance, c’est sûr, mais je suis persuadé que c’est quelqu’un de l’entourage de Bauer.

— Et qu’est-ce qui te fait penser ça en fait ? Ta jalousie envers mon mec, non ? 

— Mais… T… Tu sors encore avec lui ? reprend Joey, le cœur brusquement fracassé en mille morceaux. « Non, ne dis rien, cela ne me regarde pas… Mais bref, je ne me base pas que sur ça. Cependant, tu dois savoir que si tu n’as jamais cru en mon innocence, mes amis y croyaient, eux. Ils ont d’ailleurs mené leur petite enquête pendant que j’étais incarcéré. »

— Ouais, je crois avoir entendu un truc comme ça de la part de Mickael, il était venu me voir un jour en classe pour me dire que tu avais été piégé.

— Et tu ne l’as pas cru… ?

— Non.

— Tu aurais peut-être dû, intervient Maya, l’air sévère et en direction de sa fille. « Pas que je sois d’accord avec la théorie “Joakim le grand méchant”, mais de là à lui faire une confiance aveugle, peu importe ce qu’il se dit partout… »

— Partout ? rétorque Trisha, agacée. C’est bon, il ne s’agissait que des nanars de Mickael, qui n’était que moyennement sain et crédible, il suffit de voir comment il a fini… et sachant en plus qu’il a toujours été ton toutou, Joey, je ne pouvais pas le prendre au sérieux.

La rouquine soupire puis reprend, en direction de son ex :

— Bon, de toute manière, pourquoi continuer de parler de tout ça ? Tu es libre maintenant, Joey, alors profite de ta liberté et arrête de te faire du mal en cherchant qui ou quoi !

— Trisha, on m’a volé quatre mois de ma vie et la personne que j’aimais le plus au monde a été la première à me croire coupable d’un crime que je n’ai pas commis, tout ça par la faute d’un connard. Tu peux donc comprendre mon besoin de mettre une identité sur ce type. Et d’ailleurs, toi aussi, tu devrais vouloir faire la lumière sur tout ça, non ? Parce que si c’est effectivement Bauer qui m’a fait ça, vas-tu l’aimer encore en sachant qu’il m’a brisé ?? Tu es quelqu’un d’intègre, Trisha, je le sais…

— Ça suffit, ce n’est pas lui… marmonne Trisha, l’air sombre et un peu perdu. « Je sais que ce n’est pas lui, alors arrête avec tes salades ! Cela ne peut être lui ! Joakim est au-dessus de telles bassesses. Il vaut mieux que ça. »