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Le lendemain, la veille de l’enterrement d’un gamin pour qui il avait beaucoup d’affection, Joakim tolère difficilement sa séance avec Alvin Grahams. Celui-ci tente pourtant de l’aider dans cette épreuve en lui assurant que rien n’est de sa faute. Il ne peut pas se blâmer pour les malheurs de son ami Miguel : il n’a pas les pouvoirs de changer les destins de chacun.

pour le moment du moins, car un jour peut-être, il fera sans doute avancer le monde. Alvin veut creuser aujourd’hui sur le fait que son génie borné refuse toute exploitation de son potentiel intellectuel. Le psychologue ne comprend pas pourquoi seuls Kristofer Varels, Miguel Sanchez, ainsi que le père du jeune homme depuis peu, sont les seuls à avoir le droit d’être informés de ses incroyables capacités. Il n’y a aucune raison valable à ce bridage d’intelligence que le jeune Bauer se fait subir, alors que cela le stresse profondément. Cela se voit. Alvin n’est pas dupe. Son patient souffre de ces limites qu’il s’impose, alors qu’il prend plaisir à diriger les hôtels Peninsula, ou encore le café du jeune Sanchez, quand il ne travaille pas sur divers et douteux programmes informatiques. Alvin voit là un besoin constant de mettre en pratique son intelligence. Il est évident que Joakim a soif de découvertes et qu’il est doué dans de nombreux domaines puisqu’il semble pouvoir toucher à tout et accomplir n’importe quelle besogne… Mais, pourquoi sans arrêt dans l’ombre ?

« Aurait-il honte de ses capacités ? »

Joakim bégaie. Bien sûr que non. Mais, il n’ébruitera jamais son potentiel. Vu qu’il ne le mérite pas. Puisqu’il est la cause de tout.

La séance s’achève sur ces derniers mots et Alvin en reste tout aussi perplexe que peiné. Cela ne le décourage cependant en rien, sachant bien que tôt ou tard, il finira par décoincer son génie. Il ne leur faudra que quelques séances de plus, et tous les deux crèveront l’abcès. Il en est plus que persuadé.